Presque 20 000 kilomètres séparent Wellington de Londres, où vit la Néo-Zélandaise Lille Rohan. Dans le New Zealand Herald, elle évoque le coût émotionnel d’une vie à l’étranger. Ses interrogations à ce sujet, dont on parle généralement peu, sont nées lorsqu’un deuil a frappé sa famille :

“Quand nous avons déménagé à Londres, nous nous sommes inquiétés de toutes les choses évidentes : trouver du travail, se faire des amis, manquer d’argent, ou regretter la Nouvelle-Zélande plus que prévu. Bien sûr, la peur qu’un drame survienne là-bas, comme la disparition d’un être cher, était toujours présente, mais nous l’avions soigneusement enfouie au plus profond de nous, car c’était trop douloureux d’y penser – jusqu’à ce que cela arrive.”
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C’est en Angleterre que son partenaire (et compatriote) a appris, à distance donc, l’agonie de sa grand-mère et lui a dit adieu via FaceTime, avant de reprendre le travail. Le couple s’est immédiatement posé la question du temps qu’il faudrait pour rentrer (environ vingt-quatre heures en avion), du coût de ce déplacement, de la possibilité de prendre des congés pour assister aux funérailles. On se retrouve ainsi à faire peser dans la balance l’affection et les contraintes matérielles. Ensuite, le compagnon de Lillie Rohan, qui parle de “la cruelle réalité de la construction d’une vie à l’étranger”, a dû faire face à cette perte, seul et loin. La jeune femme insiste sur un point : il ne faut pas sous-estimer le coût psychologique de l’expatriation, surtout à l’autre bout du monde. Une expérience que beaucoup ont déjà vécue au moment de l’épidémie de Covid-19, mais dont le souvenir s’estompe aussi parfois face aux avantages souvent vantés de l’expatriation.