“Maintenant que nous en avons le contrôle, devrions-nous rebaptiser le détroit d’Ormuz ‘détroit Trump’ ?” Mercredi 2 septembre, le président Donald Trump a fait cette suggestion sur son réseau Truth Social. “La frénésie de Trump pour les changements de noms passe un cap dans la stupidité”, réagissait alors, atterrée, une chroniqueuse du New York Magazine. Cette déclaration fait suite aux affirmations “répétées” des responsables américains selon lesquelles ce point de passage stratégique est désormais ouvert, rappelle Al-Jazeera. Mais l’Iran continue d’affirmer que la voie navigable est “fermée et sous son contrôle”, et le média qatari souligne que “les prix du pétrole n’ont pas baissé ces dernières semaines”.
En outre, ces propos interviennent seulement quelques jours après que Donald Trump a signé un décret visant à rebaptiser le lac Ontario, partagé entre le Canada et les États-Unis, en “lac d’Amérique” − de quoi provoquer l’ire de nombreux Canadiens.
Mexique, Maroc, Israël…
Depuis son retour au pouvoir, le locataire de la Maison-Blanche a multiplié les initiatives de ce type − comme le montre la carte qui illustre cet article −, et la liste des lieux qu’il rebaptise semble s’allonger de jour en jour. Bien souvent, le changement de nom revêt un caractère unilatéral et n’est pas reconnu par le reste du monde. Mais parfois, les décrets signés par Donald Trump ont une incidence réelle : on se souvient, par exemple, de l’indignation du Mexique lorsque Google Maps a décidé d’afficher le nom “golfe d’Amérique”, y compris sur les zones maritimes mexicaines et cubaines.
Pour lui faire plaisir, certains dirigeants ont pris les devants et affublé eux-mêmes des lieux ou axes du nom du président des États-Unis. Il existe par exemple une autoroute Donald-J.-Trump, qui relie le Maroc au Sahara occidental, renommée ainsi sur décision du roi Mohammed VI pour remercier le président américain d’avoir reconnu, en 2020, la souveraineté marocaine sur ce territoire disputé.
Un an plus tôt, en 2019, Benyamin Nétanyahou avait pris une décision similaire en annonçant la création d’une colonie baptisée “Trump Heights”, relatait alors la BBC, pour “le remercier d’avoir reconnu la souveraineté israélienne” sur le plateau du Golan. Israël “a conquis le Golan syrien lors de la guerre de 1967”, avant de l’annexer en 1981, rappelle la chaîne britannique. En 2019, les États-Unis “sont devenus le premier pays” à reconnaître la souveraineté d’Israël sur le territoire.
Il existe donc des lieux portant le nom de Donald Trump sur la plupart des continents. À l’inverse, certains souhaiteraient rendre au président américain la monnaie de sa pièce : au Canada, le conseil municipal d’Ottawa a annoncé envisager de débaptiser l’avenue Trump, note la chaîne américaine CNN, citant le conseiller municipal Tim Tierney :
“Parmi les noms proposés pour la nouvelle rue figurent : l’avenue Obama, l’avenue Ontario, l’avenue Canada, l’avenue Beaver, l’avenue du Golfe-du-Mexique, l’avenue Canada Goose, l’avenue Pelosi [du nom de l’ex-présidente démocrate de la Chambre des représentants], et même l’avenue Taco – en référence à l’expression Trump always chickens out [‘Trump se dégonfle toujours’]”.
Enfin, CNN complète avec une dernière suggestion : “L’avenue Rosie-O’Donnell – en hommage à l’humoriste et opposante de longue date de Trump, qui a déménagé en Irlande après sa réélection.” Il faudra attendre la fin du mois d’octobre, après les élections municipales, pour savoir si l’un de ces pieds de nez portera ses fruits − mais cela requiert l’approbation de la majorité des résidents de la rue.
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