Le Liberia accueillera jusqu’à 1 200 étrangers expulsés des États-Unis au cours de l’année à venir, a annoncé le gouvernement dans un communiqué publié le 18 août. C’est “l’un des plus importants accords conclus jusqu’à présent par Washington, qui poursuit sa lutte contre l’immigration clandestine”, constate la BBC. Un premier groupe de 20 personnes est arrivé dans le pays le jeudi 20 août, sans savoir si elles bénéficieront d’ordonnances de protection.

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Cet accord fait du Liberia un nouveau “pays tiers”, un pays où sont envoyées des personnes expulsées des États-Unis alors qu’elles n’y ont souvent aucun lien, en l’échange d’une série de compensations. Par exemple, “le financement de forces de sécurité étrangères et la proposition d’assouplir les restrictions de visas ou les droits de douane”, énumère The New York Times. Une politique dénoncée par les organisations de défense des droits humains, alors que certains de ces expulsés ont été placés en détention, sans raison, dès leur arrivée dans des pays tiers.

Un accord sans contrepartie ?

En juin 2025, le Liberia avait pourtant publiquement rejeté les informations selon lesquelles il aurait accepté d’accueillir des personnes expulsées en provenance des États-Unis. Mais “sa position a changé lorsque Washington a accentué la pression sur les gouvernements pour qu’ils participent à son programme d’expulsion”, note Business Insider Africa.

Le gouvernement libérien a fait savoir que cet accord n’était “pas une transaction impliquant une contrepartie”, et que le pays n’avait “ni exigé ni reçu aucune compensation ou promesse de récompense en échange de son consentement à participer au programme”. Au lieu de cela, Monrovia souligne le caractère “entièrement humanitaire” de cette initiative, ajoutant néanmoins dans son communiqué qu’il bénéficierait du soutien des États-Unis pour “gérer le programme et renforcer globalement le système migratoire”. Sans toutefois préciser la nature ni les conditions de cette aide.

“L’absence de détails financiers est significative, car des accords de cette nature peuvent nécessiter un financement pour le logement, le traitement des demandes d’asile, les contrôles de sécurité, les soins de santé et le voyage volontaire ultérieur”, souligne Business Insider Africa.

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Le Ghana a déjà accueilli une quarantaine de personnes expulsées en octobre 2025. Le Soudan du Sud (en mai 2025) et l’Ouganda (en août 2025) ont également accepté les conditions de Washington. Le Cameroun était le dernier en date à avoir noué ce type de partenariat, recevant des expulsés entre janvier et février 2026. “Des dizaines d’accords supplémentaires sont attendus dans les mois à venir”, prévenait un rapport des sénateurs démocrates, rendu public le 13 février 2026.

Depuis son retour à la tête des États-Unis en janvier 2025, Donald Trump a passé des accords opaques avec 35 pays tiers, dont 10 pays africains, selon Human Rights First, une organisation non gouvernementale qui recense les expulsions. “Entre le 20 janvier 2025 et le 15 août 2026, le gouvernement américain a transféré de force plus de 23 000 personnes vers 26 pays tiers”, dont 330 personnes en Afrique.