Mardi 26 août au soir, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, en campagne pour les élections législatives, prévues le 27 octobre, a promis de poursuivre l’implantation de colonies en Cisjordanie, malgré une pression internationale croissante, en prédisant une importante vague d’immigration israélienne vers le territoire palestinien occupé.
« Nous ne pouvons pas ignorer les chiffres : [nous avons créé] 104 communautés que nous avons (…) légalisées ensemble, et 160 fermes, avec d’autres à venir », a-t-il déclaré lors d’un événement organisé à Jérusalem par des maires de colonies, selon son bureau. S’adressant au public, le chef d’Etat israélien a martelé : « Vous réalisez la vision de la Terre d’Israël, et cette terre est la nôtre. Vous préparez le terrain pour une grande vague d’immigration qui arrivera. »
Depuis le retour au pouvoir de Benyamin Nétanyahou, en 2022, la construction et l’extension de colonies en Cisjordanie occupée ont augmenté : près de 300 au total, en comptant également les avant-postes agricoles. « Un effort considérable », selon le chef d’Etat israélien, nécessaire afin de « réaliser la vision de générations [passées] ».
Illégales au regard du droit international, certaines colonies sont établies par décision gouvernementale. D’autres sont des avant-postes non autorisés, agricoles ou non, souvent constitués de quelques caravanes ou structures de fortune. Leur approbation et leur légalisation a posteriori ont toutefois également fortement augmenté ces dernières années, tout comme les violences commises par des colons israéliens contre des Palestiniens.
Affrontement meurtrier
Après un affrontement meurtrier survenu en Cisjordanie au mois de juillet, lequel a fait quatre morts palestiniens et deux morts israéliens, Benyamin Nétanyahou et son ministre de la défense, Israël Katz, ont annoncé une série de mesures, comprenant notamment « l’accélération de la légalisation des avant-postes agricoles ».
La semaine dernière, des pays européens – dont la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne – se sont joints aux condamnations internationales croissantes du vaste projet de colonisation « East 1 » (E1), après que les autorités israéliennes ont ouvert les appels d’offres pour construire plus de 1 200 logements dans la zone.
Le plan E1 a été approuvé par Israël l’an dernier, et isolerait davantage Jérusalem-Est, occupée puis annexée par Israël et majoritairement peuplée de Palestiniens, du reste de la Cisjordanie. L’Etat hébreu occupe ce territoire depuis 1967, où plus de 500 000 Israéliens vivent dans des colonies aux côtés de quelque trois millions de Palestiniens.
Le gouvernement de Benyamin Nétanyahou, qui compte des ministres appelant ouvertement à l’annexion du territoire, promeut de nouveaux projets de construction à l’approche des élections du 27 octobre, qui s’annoncent serrées. Le premier ministre dirige l’un des gouvernements les plus à droite de l’histoire du pays.