À l’intérieur d’une structure végétale vert-jaune entourée de cils mauves, on aperçoit par transparence un insecte pris au piège. C’est un superbe gros plan d’une feuille de dionée attrape-mouche sur le point de digérer sa proie qui s’affiche à la une de Science, avec ce titre “Fermeture automatique”.

Pour son édition datée du 11 juin, la revue américaine a choisi de mettre à l’honneur les travaux d’une équipe de chercheurs de l’université d’Aix-Marseille. Ils proposent une nouvelle hypothèse quant aux mécanismes qui permettent à cette emblématique plante carnivore de se mouvoir, alors même qu’elle n’a pas de muscle, et ce, à une vitesse telle qu’elle est capable d’emprisonner une grande variété d’insectes – et même de petites grenouilles – pour se nourrir.

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On savait déjà que Dionaea muscipula − qui fascine nombre de chercheurs depuis longtemps, y compris Charles Darwin – se referme brusquement lorsqu’on touche deux fois de suite les cils des pièges que constituent ses feuilles. “[Cette] nouvelle étude révèle que la fermeture est déclenchée par le rapide ramollissement des parois cellulaires épidermiques et démontre ainsi le mécanisme physique à l’origine de ce mouvement remarquable”, peut-on lire sur la page de présentation de la une.

Bio inspiration

“ [Les chercheurs impliqués dans l’étude] signalent un impressionnant mécanisme de fermeture de la dionée attrape-mouche (Dionaea muscipula), qui associe de manière fluide un relâchement rapide des parois cellulaires et une instabilité élastique, avec des conséquences mortelles pour sa proie”, s’enthousiasme de son côté, dans un article de perspective paru dans Science, Jacques Dumais, de l’université Adolfo-Ibáñez au Chili, qui n’a pas participé aux travaux.

Pour les auteurs de l’étude, la compréhension de ces mécanismes pourrait être source d’inspiration. Ils écrivent : “Nos recherches ont mis en évidence un mode de motilité fondé sur l’ajustement dynamique de propriétés matérielles, ce qui permettrait d’en déduire des principes de motricité sans muscles, inspirés de la nature”.