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Astronomie

Comment le CERN est parvenu à transporter de l’antimatière pendant deux heures dans un camion

L’expérience menée par une équipe de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire a permis d’effectuer des mesures de précision dans un environnement moins soumis à des perturbations électromagnétiques.

Comment le CERN est parvenu à transporter de l’antimatière pendant deux heures dans un camion
HaitiCreoleRadio.com

Le 24 mars, un transport inédit a été effectué sur le campus de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN), à la frontière franco-suisse. Les détails techniques de l’expérience ont été publiés par Nature, le 16 septembre.

Pour la première fois, de l’antimatière a circulé dans un camion pendant près de deux heures. Opération délicate, car une antiparticule, qui a la même masse que sa particule sœur mais avec une charge électrique opposée, disparaît dès qu’elle rencontre de la matière. L’équipe chargée de l’expérience BASE (Baryon Antibaryon Symmetry Experiment) a mis au point un piège électromagnétique pour tenir 92 antiprotons loin des parois de l’instrument dans un vide extrême.

L’objectif de cette collaboration est d’effectuer, hors du CERN, des mesures de précision dans des laboratoires moins soumis aux perturbations électromagnétiques. Les physiciens ignorent en effet la raison pour laquelle l’antimatière a disparu de notre Univers alors qu’elle a été produite en quantité égale à l’origine. Une infime différence entre particule et antiparticule, qu’il s’agit de trouver, aurait causé un déséquilibre fatal.

Un vide très poussé

Au CERN, plusieurs expériences ont été rassemblées dans un bâtiment qualifié d’usine à antimatière, car elle produit des antiprotons. Certaines testent les propriétés de l’antihydrogène, un antiélectron tournant autour d’un antiproton, pour savoir s’il se comporte comme son frère jumeau, y compris en testant s’il « tombe » vers le haut ou vers le bas.

L’une des clés de la réussite de l’expérience a été de maintenir un vide très poussé, 2 milliardièmes de milliardièmes de millibar, afin d’éviter toute collision avec des particules parasites. Les chercheurs insistent aussi sur l’autonomie de leur container, alimenté par batteries. L’ensemble avait été testé en 2025 sur des protons.

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