À environ 19 heures, par une soirée pluvieuse de mars, Esther Makhokha préparait le dîner avec ses deux sœurs à Mukuru Kayaba, quand l’eau a commencé à monter. Elles avaient des enfants à protéger et peu de temps pour prendre une décision.
Elles ont rassemblé les enfants et les ont emmenés en hâte dans un bar en face de chez elles, l’un des rares lieux à ne pas avoir encore été très inondés. Mme Makhokha et l’une de ses sœurs se sont ensuite rendues dans la chambre d’un voisin, où elles ont attendu que le niveau de l’eau baisse.
Esther raconte que cette nuit-là lui a laissé un amer souvenir. Elle ne voudrait pas revivre l’événement. “La dernière fois, nous avons dû partir en courant avec les enfants et dormir sur le sol chez un voisin”, se remémore-t-elle.
Les trois sœurs vivent à Mukuru Kayaba depuis l’enfance. Maintenant, alors que le pays se prépare à un nouvel épisode de pluies liées à El Niño, pendant la saison octobre-novembre-décembre [celle des “petites pluies” en Afrique de l’Est], elle repense à ce que va vivre sa famille en cas de montée des eaux.
“Quand les inondations sont arrivées, nous n’avons eu aucune aide du gouvernement du comté, se lamente-t-elle. Ce sont les journalistes venus couvrir l’événement qui nous ont donné de la nourriture, un matelas, des couches p
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