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Coupe du monde 2026 : Curaçao, petit pays, grandes ambitions
Par Mario Heller (photographe, Curaçao) et Allison Ferrera (service photo)Reportage photoTerritoire de 444 kilomètres carrés peuplé d’un peu moins de 160 000 habitants, Curaçao devient le plus petit Etat à disputer une Coupe du monde de football. Le photographe suisse Mario Heller s’est rendu sur l’île des Caraïbes pour saisir l’attente, les espoirs et la ferveur populaire qui précèdent le plus grand rendez-vous sportif de son histoire.
Invaincue durant toute la campagne qualificative, la sélection de Curaçao, surnommée la « Vague bleue », dispute dimanche 14 juin le premier match de Coupe du monde de son histoire, contre l’Allemagne. Dans l’île caribéenne qui compte à peine 4 000 licenciés de football, l’enthousiasme était généralisé, le 18 novembre 2025, après le match nul décisif décroché face à la Jamaïque (0-0).
Dans les rues de la capitale, Willemstad, comme dans les quartiers populaires du village de Sint Michiel, familles et voisins sont sortis célébrer une qualification que beaucoup jugeaient inimaginable. « Quand l’arbitre a sifflé la fin, j’ai failli pleurer », raconte Stephany Seinpaal, supportrice de la sélection, qui avait fait le déplacement en Jamaïque pour assister à la rencontre. « Après le coup de sifflet final, des supporteurs jamaïcains nous ont lancé des bouteilles en plastique », se souvient-elle. Avec ses amis, elle s’est ensuite rendue dans une église de Kingston « pour remercier Dieu et prier afin d’être protégés sur le chemin du retour ».
A des milliers de kilomètres de là, la diaspora curacienne installée aux Pays-Bas célébrait elle aussi l’événement jusque tard dans la nuit. Selon les estimations, près de 100 000 personnes originaires de l’île vivent aujourd’hui dans l’ancien pays colonisateur, soit près des deux tiers de la population locale.
Destin lié aux Pays-Bas
Car le destin footballistique de Curaçao reste profondément lié aux Pays-Bas. Ancienne colonie néerlandaise devenue territoire autonome en 2010 après la dissolution des Antilles néerlandaises, l’île a construit sa sélection autour de joueurs presque tous nés à Rotterdam, Breda, Groningue ou Nimègue. Formés dans les centres de formation des clubs d’Eredivisie, ils incarnent une identité partagée entre les deux rives de l’Atlantique. « Nos joueurs ont un pied dans le pays où ils ont grandi (…) et l’autre dans la terre de leurs pères et de leurs grands-pères », explique l’anthropologue Valdemar Marcha.
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