En direct Lundi 31 Août 2026
Géopolitique

Crise de Ceuta : le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, écarte une « participation des autorités marocaines »

Officiellement, au moins 91 personnes sont mortes dans cette traversée, dont 80 en Espagne et 11 côté marocain, mais selon des ONG marocaines il y a des dizaines de disparus et au moins 141 morts.

Crise de Ceuta : le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, écarte une « participation des autorités marocaines »
HaitiCreoleRadio.com

Le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a écarté lundi 31 août toute responsabilité, « d’une manière ou d’une autre », des autorités marocaines dans le brusque afflux de migrants arrivés dans le territoire espagnol de Ceuta en provenance du Maroc il y a un mois.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Entre le Maroc et l’Espagne, la crise de Ceuta ressuscite le contentieux frontalier

« Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation des autorités marocaines », a déclaré le chef de gouvernement socialiste au micro de la radio Cadena SER.

Quelque 70 000 personnes ont traversé, à pied ou à la nage, la frontière entre le Maroc et le territoire espagnol de Ceuta, situé en Afrique du Nord, les 30 et 31 juillet. Si la majorité est repartie dans la foulée, quelque 5 000 d’entre elles sont encore aujourd’hui présentes à Ceuta, dont environ 1 200 mineurs non accompagnés, a précisé M. Sanchez, les autorités locales évoquant quant à elles 10 000 migrants toujours présents.

Officiellement, au moins 91 personnes sont mortes dans cette traversée, dont 80 en Espagne et 11 côté marocain, mais selon des ONG marocaines il y a des dizaines de disparus et au moins 141 morts.

Désinformation « liée à la Russie et Israël »

« Nous continuons à enquêter » sur ce qu’il s’est passé, a déclaré M. Sanchez. « Ce que nous savons à ce jour, c’est qu’un arrêt de la Cour suprême du 8 juillet dernier a été déformé, qu’il a été propagé sur les réseaux sociaux à travers des rumeurs, de la désinformation, mais aussi par des organisations criminelles qui trafiquent des êtres humains », a-t-il poursuivi. Certaines informations assuraient alors qu’en cas d’entrée à la nage à Ceuta il était impossible d’être expulsé vers le Maroc, ce qui est faux, a rappelé le dirigeant socialiste.

« Nous savons également qu’il existe une inégalité structurelle qui fait que la ville autonome de Ceuta et la ville autonome de Melilla possèdent probablement les frontières les plus complexes du monde, parce que l’écart d’opportunités, l’écart de revenu par habitant entre un côté et l’autre est considérable », a-t-il aussi relevé.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Comment le Maroc met sous pression les enclaves espagnoles de Ceuta et de Melilla

« Après les 30 et 31 juillet, il y a eu une diffusion de rumeurs et de désinformation, de la part de réseaux sociaux liés aussi bien à la Russie qu’à Israël, et à une internationale d’ultradroite qui utilise toujours la migration non seulement pour attaquer l’Espagne mais aussi pour attaquer l’Europe et la diviser », a ajouté le chef du gouvernement espagnol.

« Nous devons être conscients que cette crise ne pourra être résolue que par la coopération et non par la défiance envers le Maroc », a-t-il poursuivi, promettant par ailleurs une aide supplémentaire de 168 millions d’euros au territoire de Ceuta pour faire face à la crise et à ses conséquences économiques.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés « On est en train de perdre notre jeunesse » : dans le nord du Maroc, l’ombre des noyés de Ceuta

Le Monde avec AFP

S’abonner
Article précédent Roman lifts off on a mission to survey the infrared sky Article suivant Gaza : l’Afrique du Sud accuse Israël de ne pas respecter le…

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

0 / 2000 caractères

Aucun commentaire. Soyez le premier !