La ministre des Affaires étrangères, Raina Forbin, semble décidée à présenter à la communauté internationale une image bien différente de la réalité haïtienne. Après avoir soutenu devant l’ONU que la situation sécuritaire du pays connaissait une amélioration, elle a de nouveau fait polémique lors d’une intervention en visioconférence devant l’OEA. La ministre y a affirmé qu’au lendemain du massacre de Kenscoff, les opérations visant à traquer les gangs armés avaient été intensifiées.
Une affirmation qui soulève de nombreuses interrogations. Sur le terrain, le sentiment dominant au sein de la population est tout autre. À Kenscoff, les habitants se mobilisent et font entendre leur colère, dénonçant une réponse sécuritaire jugée insuffisante face à l’ampleur de la menace. Le contraste entre les déclarations des autorités et le quotidien des citoyens apparaît ainsi de plus en plus criant.
Lorsque les opérations annoncées par les autorités ne produisent aucun résultat perceptible pour la population, la crédibilité de la parole publique s’érode. La diplomatie ne devrait pas consister à maquiller les difficultés du pays pour rassurer ses partenaires, mais à reconnaître les réalités du terrain et à rendre compte des actions engagées pour y répondre.
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