En 2000, un ancien sous-traitant mécontent avait pris le contrôle du réseau d’égouts de Maroochydore, dans le Queensland, en Australie, et laissé se déverser 800 000 litres d’eaux usées dans des parcs, des rivières et le domaine d’un hôtel. Il s’agit du premier piratage largement médiatisé d’un système de contrôle industriel.

Plus de vingt-cinq ans plus tard, des hackers viennent de signer un autre type de méfait, tout aussi révélateur : en manipulant les systèmes de réfrigération de plusieurs supermarchés français, ils ont contraint des centaines de points de vente à jeter d’énormes quantités de produits frais et surgelés, impropres à la consommation.

Les cibles ont changé, mais pas les enseignements qu’on peut tirer de ces attaques. Tout ce qui est connecté à Internet est vulnérable. Les logiciels qui gèrent ces connexions peuvent contenir des vulnérabilités présentes dès la conception ou apparues au fil du temps. Et les failles numériques finissent par avoir des conséquences dans le monde physique.

Ce n’est pas depuis [la nuit du 11 au 12 octobre] que la sécurité alimentaire et la cybersécurité sont liées. Elles le sont depuis des années, tout comme la cybersécurité avec le traitement de l’eau, la santé, les transports, la finance, l’énergie et la protection de l’environnemen