Crazy Alice, une bisonne d’une demi-tonne, n’aime rien tant que se régaler d’herbe et se rouler dans la poussière, mais elle est peut-être encore plus attachée à un coin particulier des prairies du Montana : lorsque ses gardiens ont déplacé son troupeau vers un autre pâturage, elle a tenté de s’échapper pour y retourner.

Or l’administration Trump entend à présent expulser Crazy Alice et des centaines d’autres bisons de ce territoire qui constitue leur habitat naturel, pour faire place au bétail. Cette initiative a déclenché un conflit territorial, opposant les éleveurs et des élus républicains à ce géant à fourrure mugissant, symbole de l’Ouest américain.

“Le bison fait partie de notre patrimoine national”, martèle Alison Fox, directrice d’American Prairie, une organisation à but non lucratif disposant de moyens financiers considérables qui s’attache depuis vingt ans à racheter des ranchs et des baux de pâturage sur des terres publiques du nord du Montana afin d’offrir aux bisons cette nouvelle réserve, aujourd’hui menacée.

Le différend porte sur 900 bisons appartenant à l’association, qui avait été autorisée par plusieurs gouvernements, y compris sous le premier mandat de Donald Trump, à les faire paître sur des terres fédérales, au grand dam des éleveurs conservateurs qui espé