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Politique

De Dessalines à Moïse : l’assassinat d’un pays !

L’assassinat d’un chef d’État n’est jamais un incident isolé. Il illustre la manière dont des forces internes, souvent alliées à des puissances extérieures, peuvent freiner les aspirations à la libération nationale, voire à une véritable souveraineté politique et économique. Nous

De Dessalines à Moïse : l’assassinat d’un pays !
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L’assassinat d’un chef d’État n’est jamais un incident isolé. Il illustre la manière dont des forces internes, souvent alliées à des puissances extérieures, peuvent freiner les aspirations à la libération nationale, voire à une véritable souveraineté politique et économique.

Nous vivons aujourd’hui, deux cent vingt ans après l’assassinat le plus marquant, le plus honteux celui du père de la nation haïtienne, Jean-Jacques Dessalines. Avec lui, c’est tout le rêve haïtien qui s’est effondré. Cet assassinat de 1806 ne fut pas anodin ; on peut le considérer comme le point de départ du mal haïtien. Depuis lors, le pays a été livré aux mains d’une classe dirigeante antinationale, menée par une bourgeoisie dépourvue de toute conscience patriotique, dont le seul souci est d’accumuler de l’argent et de s’enrichir alors que le pays agonise sous le poids d’une destruction organisée. Cet assassinat symbolise la souveraineté haïtienne brisée, rendant le pays vulnérable aux luttes intestines et aux ingérences internationales.

L’assassinat, en juillet 2021, du président en exercice Jovenel Moïse constitue une autre preuve tangible ; il s’inscrit dans l’histoire récente du pays, illustrant cette logique selon laquelle le système capitaliste ne recule devant aucun crime. Voilà pourquoi, au lieu d’avancer, le pays a fait mille pas en arrière et continue de sombrer inexorablement. Ce n’est pas une coïncidence, mais une orchestration minutieusement planifiée visant à inverser le cours de l’histoire et à tirer profit du chaos pour enrichir la classe bourgeoise. Tout se déroule selon une partition précise, où chaque action vise à tarir les sources vitales du pays.

Ces assassinats s’inscrivent dans une mise en œuvre politique. Ce fut donc le triomphe d’une tendance contraire au développement du pays, celle de la dilapidation des richesses de l’État. En réalité, ce ne sont pas seulement Dessalines, Moïse ou d’autres qui ont été assassinés ; ces hommes devenus martyrs n’ont fait que perdre la vie. Mais le pays lui-même, poignardé en plein cœur, continue de tout perdre. Telle est la conséquence d’une longue dérive vers l’état déplorable, scandaleusement dépendant et rétrograde dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui.

L’assassinat d’un chef d’État illustre comment des forces internes, souvent alliées à des puissances étrangères, peuvent entraver les aspirations d’un pays à une véritable souveraineté politique et économique. Il est évident pour tous que les initiatives concrètes lancées sous la présidence de Jovenel Moïse ont été abandonnées par ceux qui ont tiré profit de son assassinat. Même les équipements acquis durant son mandat restent inutilisés, alors que la faim progresse dans le pays. Ce n’est pas le défunt président qui en paie le prix, mais le pays et sa population. Par conséquent, le peuple lui-même est la première victime ; c’est en observant la situation que l’on peut comprendre les véritables raisons qui se cachent toujours derrière un coup d’État. Il ne s’agit pas d’une fatalité, mais d’une politique délibérée.

Les ressources destinées à répondre aux besoins des masses laborieuses et de la jeunesse sont détournées, tandis que ces mêmes gouvernements déchaînent une violence et une destruction dont ils sont pourtant les instigateurs. Ils imposent également leur marque de fabrique : une mise en scène d’ombres dissimulant des desseins sinistres et cyniques. La racine de cette violence réside bel et bien dans le régime d’exploitation capitaliste. Enrichir les riches tout en appauvrissant et en affamant les travailleurs et leurs familles : telle est la politique délibérée du système capitaliste. Le recours permanent à la répression sous toutes ses formes est devenu la caractéristique essentielle du pouvoir.

Le gouvernement de fait du Premier ministre bourgeois Alix-Didier Fils-Aimé est dépourvu de toute légitimité populaire et constitutionnelle ; il ne vise qu’à servir les intérêts des nantis et à consolider ceux des puissances étrangères. Ce régime, qui cherche à se prémunir contre les revendications populaires, bénéficie de la protection des puissances capitalistes, actives sur les plans politique, économique et militaire afin de maintenir le pays sous domination impérialiste. C’est une farce lorsque la bourgeoisie organise un Forum national des Investissements et de l’initiative Global Gateway en Haïti et prétendant rétablir la sécurité et les institutions démocratiques et remettre en mouvement la roue économique du pays afin de créer des emplois, de la richesse et des opportunités pour tous les Haïtiens. Il ne faut pas oublier que ce sont ces mêmes acteurs qui détiennent le pouvoir économique dans le pays depuis 1806. Depuis lors, ils contrôlent tout et ne laissent rien aux masses.

Dès lors, comment faire confiance au secteur privé des Affaires ou croire à la sincérité ou à la bonne foi d’une stratégie aussi éculée et désormais démasquée ? Que dire des propos d’un représentant authentique, Richard Coles : « Nous sommes sincères. Nous voulons vraiment changer les choses » ? « Nous voulons travailler dans un pays où les règles du jeu sont claires » : voilà un changement d’attitude spectaculaire, une attitude empreinte de traîtrise quant à la défense de sa classe. Restaurer la confiance politique envers la bourgeoisie ? Ce n’est pas ce qu’attendent les travailleurs, la jeunesse et les paysans pour changer ou améliorer leurs conditions de vie. L’action visant à rompre avec cette politique ne passera pas par la bourgeoisie, mais par la convergence de toutes les colères et revendications populaires pour renverser ceux qui détiennent le pouvoir politique et économique ainsi que leurs complices bien placés. C’est la seule façon pour le peuple de s’approprier ce qui lui revient de droit, sans attendre que des « sauveurs » promettent de le lui offrir.

Les solutions à nos problèmes ne viendront ni de ce gouvernement corrompu, ni de cette classe politique traditionnelle, ni même de cette bourgeoisie antinationale. Il est vain de chercher à contourner l’inévitable par cette fantaisiste déclaration de Coles pour donner l’illusion d’être un nationaliste farouche « Comme tout le monde, on a beaucoup souffert en Haïti avec cette crise actuelle qui sévit en Haïti. On s’est mis à réfléchir sur le long terme, sur l’avenir car le pays connait des crises de plus en plus profondes. Nous voulons humblement tracer une route pour Haïti »

De l’assassinat de l’empereur Jean-Jacques Dessalines à celui du président Jovenel Moïse, la bourgeoisie se garde bien de changer même un iota à sa politique anti-haïtienne et la situation demeure une tragédie pour Haïti. C’est un pays qu’une classe sociale continue d’assassiner à petit feu. Un crime dont le système capitaliste est l’auteur ; c’est pourquoi il est nécessaire de renverser ce pouvoir et toutes ses composantes. La disparition de ce régime reste la seule solution pour transformer notre rêve en réalité face à la gigantesque imposture perpétrée par la classe dominante haïtienne et son allié naturel, l’impérialisme !

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