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Astronomie

Découverte de nouveaux courants marins grâce aux éléphants de mer des Kerguelen

Grâce à la colonie de quelque 350 000 têtes qui vit aux îles Kerguelen, dans l’océan Austral, les chercheurs ont pu collecter des données avec une précision et une fréquence spatiales et temporelles inégalées.

Découverte de nouveaux courants marins grâce aux éléphants de mer des Kerguelen
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Quand un biologiste du CNRS, spécialiste de l’écologie des mammifères marins, Christophe Guinet, et une chercheuse en océanographie physique à l’université de Californie, à San Diego, Lia Siegleman, réunissent leurs compétences, cela débouche sur la découverte, grâce à des éléphants de mer, de nouveaux phénomènes de tourbillons marins. Et sur un article publié avec deux autres collègues dans Nature Communications, le 4 septembre.

A l’aide d’un jeu de données d’une très grande précision (133 598 plongées d’éléphants de mer en six années), ils ont découvert que l’océan Austral était animé de nombreux courants de petite taille (de 1 à 10 kilomètres de largeur). Ces courants, dits « à subméso-échelle », agitent les entrailles de la mer sous la couche de mélange, où la mer est brassée par les variations des conditions atmosphériques. Ils sont essentiels pour la régulation des nutriments, essentiels pour le phytoplancton, et celle des échanges thermiques avec l’atmosphère.

« En océanographie, la vision classique est que, sous la couche de mélange, l’océan est très calme, précise Lia Siegleman. Or, ce que l’on a pu mesurer – et c’est le message-clé de notre étude –, c’est qu’il se passe plein de choses sous cette couche. »

Comment ces phénomènes ont-ils pu rester, jusqu’ici, largement ignorés ? Ou, en tout cas, très peu documentés ? Les principaux outils à la disposition des chercheurs qui étudient les courants marins sont, d’une part, les bouées dérivantes (réseau Argo) ou les satellites, qui observent les phénomènes de surface, et, d’autre part, les sondeurs à ultrasons des navires océanographiques ou les planeurs sous-marins (drones ayant plusieurs mois d’autonomie), qui documentent les courants de profondeurs. Pour les uns, les données concernent des phénomènes de grande taille (des courants de plusieurs dizaines, centaines, ou milliers de kilomètres) et pour les autres, limités par le nombre, les observations sont très localisées.

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