Après le Kirghizistan et le Tadjikistan, qui importent respectivement environ 95 % et 70 % de leurs hydrocarbures de Russie, la Mongolie subit de plein fouet les perturbations du marché pétrolier russe. Du 4 au 15 août, les habitants de la capitale mongole, Oulan-Bator, ne pourront plus faire le plein qu’un jour sur deux, selon le dernier chiffre de leur plaque d’immatriculation, rapporte le principal radiodiffuseur public du pays, MNB.

Les achats seront plafonnés à 50 000 tugriks (environ 12 euros), soit l’équivalent de 17 litres d’essence AI-92, et le remplissage de bidons sera interdit. Comme le note le média indépendant russe The Insider, les autorités mongoles exhortent les habitants à “respecter le calendrier” et à “ne pas créer de mouvement de panique”, alors que certains conducteurs restent “près des stations pendant la nuit”.

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Les files d’attente s’étirent, mais la situation varie d’une pompe à l’autre. “Les files sont longues, mais on peut faire un plein, racontent des habitants de la capitale interrogés par le média régional russe Lioudi Baikala. Nous avons trouvé du diesel sans attendre.” Ailleurs, le guide russe Alexandre Batoevich, revenant vers la Bouriatie, petite république sibérienne proche de la Mongolie, décrit pourtant des stations “vides” depuis le 29 juillet, où personne ne sait “quand [l’essence] reviendra”. Fin juillet, le pays ne disposait plus que de “dix-sept jours de réserves d’AI-92 et de vingt-trois jours de diesel”.

L’étau énergétique russe

En dépendant de Moscou pour 97 % de son approvisionnement, la Mongolie s’expose directement aux tensions du marché russe. The Moscow Times rappelle que les frappes de drones ukrainiens ont mis 26 raffineries hors service cette année. Le Financial Times estime que les attaques ont fait chuter la production de carburant russe d’au moins 30 %, déclenchant “la pire crise de carburant qu’ait connue cet État pétrolier depuis l’effondrement de l’Union soviétique”. Certains dégâts persistent, précise le quotidien britannique, “pendant des semaines, voire des mois”.

Moscou a pourtant exempté la Mongolie – comme le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan – de son embargo sur les exportations de diesel et d’essence instauré jusqu’à fin janvier 2027, précise le service russophone de Forbes. Mais cette exception ne suffit plus face à une demande multipliée “par deux ou trois” avec le tourisme estival et les travaux agricoles, souligne The Diplomat.

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Oulan-Bator accélère donc sa diversification. The Diplomat salue “une avancée historique” après l’accord conclu le 30 juillet avec la Corée du Sud. Séoul doit livrer 50 000 tonnes de produits pétroliers par mois, dont 20 000 tonnes d’AI-92, de quoi couvrir “plus de 33 %” des besoins mensuels mongols en essence, ainsi que 20 000 tonnes de diesel. Pékin fournira en urgence 6 000 tonnes supplémentaires. L’agence de presse officielle mongole Montsame assure qu’au total 270 910 tonnes de carburant seront importées en août depuis la Russie, la Corée du Sud et la Chine. Oulan-Bator s’accorde ainsi un répit précieux, mais l’indépendance énergétique promise avec sa future raffinerie, attendue en 2028, est encore loin.