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Dernière ligne droite pour le miroir géant de l’ELT

Dans la Vienne, l’usine Safran Reosc vient de lancer la fabrication du dernier segment du miroir primaire de l’ELT, le plus grand télescope optique du monde. Cette prouesse industrielle a mobilisé des équipes pendant près de dix ans.

Dernière ligne droite pour le miroir géant de l’ELT
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Publié le 13/10/2026

Dernière ligne droite pour le miroir géant de l’ELT

Dans la Vienne, l’usine Safran Reosc vient de lancer la fabrication du dernier segment du miroir primaire de l’ELT, le plus grand télescope optique du monde. Cette prouesse industrielle a mobilisé des équipes pendant près de dix ans.

  • par Jean-Luc Dauvergne

    Chef de rubrique à Ciel & Espace

Le 5 octobre 2026 est une date à marquer d’une pierre blanche dans la construction de l’ELT (Extremely Large Telescope), le futur télescope géant européen de 39 m de diamètre. Ce jour-là, l’ultime segment de son miroir primaire est entré en production.

La hauteur d’une coccinelle

La réalisation de l’ELT impose de relever de nombreux défis. L’un des plus ardus d’entre eux était l’élaboration du miroir primaire. Celui-ci est constitué de 798 segments hexagonaux, répartis en 133 types différents. Chacun mesure environ 1,5 m de large et doit être poli avec une précision de seulement quelques nanomètres. « Si l’on rapporte ça à l’échelle de la France, ça signifie que chaque segment ne doit présenter aucune aspérité dépassant la hauteur d’une coccinelle », souligne Frédéric Boillet, responsable de l’usine de fabrication des miroirs de l’ELT.

Les derniers segments en cours sont encore loin de leur destination, au Chili. Ils sont réalisés dans la Vienne, à Saint-Benoît, une commune de la banlieue sud de Poitiers. Cette tâche titanesque aura demandé près de dix ans à Reosc, filiale de Safran.

Un miroir par jour !

Les défis techniques étaient tels au début qu’il fallait deux ans pour fabriquer un segment sur une seule chaine de production. L’usine n’en livrait alors qu’une dizaine par an. « Personne au monde n’est capable de fournir autant de miroirs à ce rythme », précise Aurélie Girou, présidente de Safran Reosc. La cadence s’est considérablement accélérée depuis deux ans, pour atteindre désormais un miroir par jour !

L’outil industriel, qui s’étend sur 5 000 m², est résolument futuriste. Cinquante personnes seulement travaillent à la production, dont l’essentiel des opérations est robotisé. « Certains de nos clients qualifient cette usine de temple de l’optique », souligne Aurélie Girou.

Première lumière prévue début 2029

Une fois achevés, les segments sont expédiés par lots en bateau jusqu’au port d’Antofagasta, au Chili, non loin du Cerro Armazones. Au sommet de cette montagne, l’ELT dessine déjà sa silhouette et le gros œuvre est bien avancé. La première lumière est prévue en mars 2029.

Quant à l’usine de Saint-Benoît, elle va se redéployer vers d’autres activités, notamment la fabrication de jumelles militaires et d’optiques pour satellites. Cela fait moins rêver que le plus grand miroir de tous les temps, mais cette réorganisation permet à Safran de s’engager à conserver les cinquante salariés de cette unité de production.

MOTS-CLÉS :
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