C’est assurément une des merveilles de la nature. Un éblouissement quotidien qui saisit les artistes, fascine les scientifiques et invite chacun de nous à l’humilité. Un mystère, également, tant le concert de l’aube semble infiniment varié. Pourtant, dans un article publié jeudi 23 juillet dans la revue Science, une équipe internationale conduite par des chercheurs de l’université de Saint-Etienne et de l’Ecole pratique des hautes études - PSL vient de révéler la structure cachée derrière ces gazouillis. En analysant plus de 116 000 chants d’oiseaux, ils en ont dégagé les « briques élémentaires » et mis ainsi au jour une organisation étonnamment simple, basée sur seulement huit motifs.
Voilà plus de trente ans que l’équipe de Nicolas Mathevon tente de décrypter les communications acoustiques des animaux, pour « comprendre comment ils codent et décodent les informations dans les signaux », détaille le bioacousticien. Des grenouilles aux éléphants, tout ce qui sonne dans nos oreilles entre dans ses radars. Avec, au sommet de la pyramide, graal des bioacousticiens, le chant des oiseaux. « Pas seulement en raison de leur beauté, souligne-t-il. Ils constituent aussi un modèle d’étude de l’apprentissage de la parole chez les humains. » Comme l’enfant, l’oisillon naît avec un potentiel vocal, mais c’est au contact de ses parents, ou de tuteurs, qu’il développe son langage.
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