L’homme est la mesure de toute chose. Protagoras.
La deuxième étape du raisonnement géopolitique s’intéresse aux hommes car ils sont les acteurs – volontaires ou involontaires – de la crise ou de la confrontation. Acteurs volontaires, s’ils sont partie prenante aux événements de leur plein gré, acteurs involontaires, s’ils y sont entraînés à leur corps défendant. L’étude des caractéristiques des hommes puise, notamment, dans une documentation de nature géographique, économique, historique, ethnologique, anthropologique, sociologique, politique et juridique. Cela doit permettre de repérer, en particulier, les déséquilibres démographiques, les divers clivages éventuels de la population en cause (ethniques, linguistiques, religieux, socio-économiques) ainsi que/ou bien les oppositions politiques. Là encore, le déterminisme et les idées reçues ne sont pas de mise : il faut être attentif à l’infinie diversité des sensibilités, ainsi qu’aux contradictions inattendues. Dans cette perspective, l’anthropologie offre un précieux concours.
L’anthropologie a pour objet l’étude des diverses cultures humaines. Dans ce cadre, on entend “culture“ au sens de “manière de comprendre le monde et d’agir“. Ce qui correspond à la définition “canonique“ formulée dès 1871 par l’anthropologue anglais Edward Burnett Tylor : « ensemble complexe incluant les savoirs, les croyances, l’art, les mœurs, le droit, les coutumes, ainsi que toute disposition ou usage acquis par l’homme vivant en société [1] ».
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