Donald Trump a annoncé, mercredi 8 juillet, qu’il allait autoriser l’Ukraine à fabriquer des missiles Patriot, indispensables pour intercepter les missiles balistiques russes, lors de sa rencontre avec Volodymyr Zelensky en Turquie.
« Nous allons vous donner une licence pour fabriquer des Patriot », a déclaré le président des Etats-Unis, à l’issue du sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) qui s’est déroulé à Ankara. « De cette façon, vous ne pourrez pas vous plaindre qu’on ne vous en fournit pas assez », a-t-il lancé à son homologue ukrainien, assis à ses côtés, sur un ton nettement plus conciliant que lors de leurs précédents entretiens.
L’Ukraine réclame à ses alliés davantage de missiles Patriot, de fabrication américaine, dont dépend pour une bonne part l’efficacité de sa défense antiaérienne contre les missiles balistiques russes, intenses ces dernières semaines. Kiev est particulièrement visée par les tirs de missiles Iskander, ces dernières semaines. Deux salves de grande ampleur ont fait plus de 50 morts au total, depuis le début du mois.
Le président des Etats-Unis n’a pas précisé à quelles conditions ni à quelle échéance l’autorisation sera accordée et on ignore si l’Ukraine dispose des capacités nécessaires pour fabriquer ces coûteux missiles à brève échéance.
« Nous n’en avons pas encore informé l’entreprise, mais ça va s’arranger », a ajouté Donald Trump. « Je compte sur nos équipes pour assurer un suivi rapide de tous les points discutés aujourd’hui », a, quant à lui, écrit le président ukrainien sur X, après leur entretien.
« Soutien indéfectible »
La production de missiles Patriot sur le sol ukrainien prendra nécessairement plusieurs années et ne peut répondre aux besoins immédiats de Kiev. Selon le Foreign Policy Research Institute (FPRI), un cercle de réflexion américain, il faut compter 24 mois pour la production d’un missile PAC-3 MSE et 30 pour celle de son moteur.
L’Ukraine a également intensifié ses frappes en profondeur sur le territoire russe, en représailles aux bombardements russes quotidiens depuis le début de l’offensive russe à grande échelle, en février 2022. Pour le président américain, ces frappes, qui ont notamment déstabilisé la production et l’approvisionnement en carburants, sont « une escalade qui peut aider à mener à une fin » du conflit.
Donald Trump et Volodymyr Zelensky ont longtemps entretenu des relations houleuses, mais le président américain a semblé avoir adopté une attitude bien plus cordiale, lors de cette longue intervention devant la presse.
« On a, en fait, développé de bonnes relations. C’est dur à croire, n’est-ce pas, depuis le bureau ovale à aujourd’hui », a-t-il souligné, évoquant l’échange houleux du 28 février 2025, sur le ton de la plaisanterie. La déclaration publiée à l’issue du sommet de l’OTAN traduit, elle aussi, ce changement de ton. Les 32 Etats membres, Etats-Unis compris, y affirment leur « soutien indéfectible à l’Ukraine, laquelle contribue à la sécurité transatlantique ».