Douze stands d’entreprises israéliennes présentes au salon de la défense et de la sécurité Eurosatory, à Villepinte (Seine-Saint-Denis), ont été fermés le jour de son ouverture, lundi 15 juin, un an après un incident similaire lors du salon aéronautique du Bourget.
Dans un contexte de tensions diplomatiques entre la France et Israël, les stands de ces entreprises ont été « fermés en raison du non-respect des conditions de participation définies par les autorités françaises », a fait savoir la société organisatrice Coges Events, dans une déclaration reçue par l’Agence France-Presse (AFP).
Le gouvernement français a, en effet, interdit la présentation d’armes israéliennes dites offensives et restreint la participation des exposants israéliens « aux seuls matériels et produits participant exclusivement aux capacités de défense antiaérienne, antimissiles balistiques », rappelle le commissaire du salon biennal, Charles Beaudouin.
Ainsi, si les stands des trois principaux industriels israéliens de l’armement − IAI, Elbit et Rafael − étaient bien accessibles, lundi, aucun n’exposait à la vue du public des maquettes d’armements, contrairement à des exposants d’autres pays, a constaté un journaliste de l’AFP. Une dizaine d’autres stands israéliens, plus modestes, étaient en revanche entourés de planches recouvertes de tissu gris, bloquant tout accès.
Israël dénonce une « mesure cynique »
En juin 2025, lors du Salon international de l’aéronautique et de l’espace, au Bourget, le gouvernement français avait pris la même décision, en raison de la situation dans la bande de Gaza, « moralement inacceptable », qui imposait de marquer « réprobation » et « distance », avait expliqué le premier ministre d’alors, François Bayrou. Ses services avaient exigé, à quelques heures de l’ouverture de l’événement, que les stands des entreprises israéliennes soient bâchés.
Sur le réseau social X, lundi, le ministère de la défense israélien a dénoncé « les exigences exaspérantes du gouvernement français ». Et de poursuivre : « C’est une mesure cynique, ni équitable ni étonnante, destinée à exclure la technologie israélienne − dont la qualité est prouvée chaque jour dans tout le Proche et le Moyen-Orient − d’une exposition internationale. »
« C’est une honte, et c’est inacceptable », a aussi dénoncé, sur place, l’ambassadeur de l’Etat hébreu en France, Joshua Zarka. « Il n’y a pas de systèmes offensifs qui sont présentés. A chaque fois, il y a une autre raison qui est présentée », a-t-il déploré auprès de l’AFP, jugeant que ce qui se trouve « au centre de cette décision, c’est surtout la crainte de la compétition avec Israël ».
Israël a enregistré pour 2025 un nombre d’exportations de matériels de défense sans précédent, pour 16,5 milliards d’euros, au coude-à-coude avec la France, dont les exportations devraient s’établir « autour de 20 milliards d’euros », selon la ministre des armées, Catherine Vautrin.
Dans son stand désormais fermé, Amit Manor, patron d’Amit Industries, une entreprise de 50 salariés, s’est dit « surpris » et a affirmé ne produire que des batteries électriques, utilisées aussi bien pour des drones que pour des systèmes de communication ou des robots, mais « aucune arme ». Une équipe de vérification est passée à son stand au cours des derniers jours sans relever de problème, selon lui. Il n’a reçu un courriel l’informant de la fermeture de son stand que lundi, au petit matin. Il a décidé de participer au salon il y a huit mois, et le gouvernement français n’a édicté ses conditions qu’« il y a deux semaines ».