Plusieurs organisations de la Croix-Rouge se sont dites « préoccupées » lundi 24 août par des attaques ayant blessé six membres de leur personnel la semaine dernière dans l’est et le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), où sévit une épidémie d’Ebola.
« Cent jours après la déclaration officielle de l’épidémie d’Ebola, 12 volontaires ont été blessés, des ambulances endommagées, dont une incendiée, et du matériel d’intervention détruit au cours de 11 incidents violents », ont annoncé dans un communiqué les Croix-Rouge de la RDC (CRRDC) et de l’Ouganda (URCS), la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge (FICR) et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Ces organisations se sont dites « profondément préoccupées » par une nouvelle série d’attaques ces derniers jours.
Le 19 août, à Beni, dans la province du Nord-Kivu, « trois volontaires qui participaient à des activités humanitaires dans le cadre de la riposte à la maladie à virus Ebola ont été violemment agressés et blessés par un groupe d’individus ». Du matériel a aussi été détruit, précisent les organisations. Deux volontaires ont été également blessés le 18 août pendant qu’ils tentaient d’effectuer un enterrement « digne et sécurisé » dans le village de Malikuti, dans le Haut-Uele, ajoutent-elles.
Douze attaques contre des centres de santé
La veille, un convoi de l’URCS intervenant dans le cadre de la riposte transfrontalière a été attaqué à Aru, dans la province de l’Ituri. « Un membre de l’équipe a été gravement blessé et deux ambulances de la Croix-Rouge ougandaise caillassées et vandalisées », ont encore détaillé les organisations.
A la mi-août, l’Organisation mondiale de la santé avait déclaré qu’en RDC 12 attaques contre des centres de santé avaient été répertoriées depuis le début de l’épidémie d’Ebola.
Les organisations impliquées dans la riposte à l’épidémie évoluent dans une région particulièrement troublée, où une myriade de groupes armés sont actifs et commettent des massacres en toute impunité. Des tensions sont également apparues du fait de la méfiance d’une partie de la population et de communautés locales réclamant la remise de dépouilles de victimes de l’épidémie, dont les enterrements doivent être strictement encadrés.
« Les attaques contre les volontaires et les intervenants humanitaires sont inacceptables » et mettent en lumière « les risques auxquels sont exposés les travailleurs humanitaires et les volontaires », dénoncent les organisations de la Croix-Rouge.
« Chaque volontaire ou staff blessé et ambulance, véhicule ou équipement endommagé réduisent la capacité à fournir des services sanitaires et humanitaires d’urgence, ce qui met davantage de vies en danger et rend l’épidémie plus difficile à contenir », ajoutent la CRRDC, l’URCS, le CICR et la FICR, qui appellent ainsi « toutes les parties prenantes concernées à soutenir, respecter, et protéger l’action humanitaire ».
Déclarée le 15 mai et désormais étendue à six provinces, l’épidémie d’Ebola a déjà fait plus de 2 500 morts en RDC, dépassant en seulement trois mois celle de 2018-2020 dans l’est de la RDC, considérée jusqu’alors comme la plus meurtrière de l’histoire du pays.