Le nom du Parlement israélien – la Knesset – et le nombre de ses membres –120 – ont été inspirés par la “Grande Assemblée”, explique The Jerusalem Post.
Selon la tradition juive rabbinique, cette Grande Assemblée – Knesset Haguedola, en hébreu – était un “conseil de chefs religieux et de sages juifs” qui a notamment réorganisé, à Jérusalem, le culte juif après le retour de l’exil à Babylone au Ve siècle avant notre ère.
Depuis sa création, Israël est une démocratie parlementaire monocamérale, dont le Parlement, la Knesset, constitue le cœur du pouvoir politique.
C’est de la Knesset, créé en 1949, que procède la légitimité politique du gouvernement, qui détient le pouvoir exécutif. Le Parlement élit également le président de l’État hébreu, dont le rôle est essentiellement honorifique.
Le 27 octobre prochain, les Israéliens sont appelés à élire les 120 députés de la Knesset pour un mandat de quatre ans.
Qui peut voter, et où ?
Tous les citoyens israéliens âgés d’au moins 18 ans le jour du scrutin et inscrits sur les listes électorales ont le droit de voter, explique The Jerusalem Post. Ils sont plus de 7,3 millions, dont plus de 500 000 potentiels primo-votants, soit plus de 8 % du corps électoral.
Les Israéliens ne peuvent toutefois voter que sur le territoire national, à quelques exceptions près. Les fonctionnaires et les diplomates en poste à l’étranger ont ainsi commencé à voter le 15 octobre. Les militaires en mission à l’extérieur du pays pourront, eux, le faire à partir du 20 octobre, comme lors des précédentes élections.
Un Israélien en âge de voter vivant à l’étranger – ils seraient environ 500 000 – doit donc se rendre en Israël pour participer au scrutin s’il ne relève pas de l’une de ces exceptions.
Comment se déroule le vote ?
Pour cette élection, les électeurs auront le choix entre 38 listes de candidats.
Comme l’écrit The Jerusalem Post, “les élections législatives ont lieu un mardi et, d’ordinaire, durant le mois hébraïque de Heshvan, qui correspond à octobre ou à novembre”, sauf élection anticipée.
En réalité, toutes les élections israéliennes ont lieu un mardi. Il s’est imposé comme jour idéal de vote, parce qu’il est le plus éloigné du Shabbat, jour de repos biblique chômé en Israël, qui commence le vendredi soir et se termine le samedi soir.
Le jour des élections législatives est férié.
Dans les bureaux de vote, explique Ynetnews, le site anglophone du quotidien israélien Yediot Aharonot, “les électeurs choisissent un bulletin portant le nom et les lettres d’identification de leur liste électorale préférée, imprimés en hébreu et parfois aussi en arabe”.
“Chaque électeur choisit une seule liste”, précise le Jerusalem Post. Il vote donc pour l’ensemble de ses candidats, sans possibilité de panachage.
“Seuil électoral” : comment les listes sont-elles qualifiées ?
“Contrairement à de nombreuses autres démocraties occidentales, écrit le quotidien israélien Ha’Aretz, Israël ne possède pas de circonscriptions électorales géographiquement définies, les membres de la Knesset étant élus au suffrage universel unique à l’échelle nationale”.
Les 120 sièges sont donc proportionnellement répartis en fonction des résultats obtenus par chacune des listes à l’échelle du pays – un régime appelé “proportionnelle intégrale” –, explique Ynetnews, à condition qu’elles recueillent suffisamment de voix. Pour être représentée au Parlement, une liste doit ainsi atteindre un pourcentage minimal des suffrages exprimés. C’est ce que l’on appelle le “seuil électoral”.
Depuis 2015, celui-ci a été augmenté à 3,25 % des suffrages exprimés dans le but de “réduire la fragmentation parlementaire et à encourager les petits partis à se présenter ensemble”, explique Ynetnews.
Seules les listes franchissant ce seuil peuvent donc obtenir des sièges à la Knesset. Elles en décrochent au moins quatre.
Comment les sièges sont-ils répartis ?
Pour répartir les sièges entre les listes qualifiées, on additionne les suffrages qu’elles ont recueillis, puis on divise le total par 120. On obtient ainsi un “quota électoral initial”, qui donne une première estimation du nombre de voix nécessaires pour décrocher un siège.
Le Jerusalem Post donne l’exemple suivant : si les listes qualifiées totalisent 3,6 millions de voix, il faut compter environ 30 000 voix par siège. Une liste ayant obtenu 310 000 voix décrocherait ainsi dix sièges, attribués à ses dix premiers candidats.
Ce calcul ne permettant généralement pas de répartir les 120 sièges à lui seul, Israël applique une formule mathématique appelée “méthode Bader-Ofer”.
Comment se forme le gouvernement ?
Dans les sept jours suivant la proclamation officielle des résultats, le président israélien doit désigner, après consultation des groupes parlementaires, un membre de la Knesset qu’il estime “capable de rassembler un soutien parlementaire suffisant” pour former un gouvernement, explique Ynetnews.
Il n’est pas obligé de choisir le chef de la liste arrivée en tête, ni même celui qui a recueilli le plus grand nombre de recommandations des groupes parlementaires. La personne désignée dispose de vingt-huit jours pour négocier la formation d’un gouvernement, un délai que le président peut prolonger de quatorze jours.
Si elle parvient à un accord, elle soumet son gouvernement à un vote de confiance devant la Knesset.
Et si aucun gouvernement n’est formé ?
Si la première personne désignée échoue à former un gouvernement ou à obtenir la confiance de la Knesset, le président peut confier cette mission à une autre personne dans un délai de trois jours. Celle-ci dispose à son tour de vingt-huit jours, éventuellement prolongés de quatorze jours, pour tenter de former un cabinet.
Si cette deuxième tentative échoue, le chef de l’État se tourne vers la Knesset. Les députés disposent alors de vingt et un jours pour trouver un candidat susceptible de recueillir le soutien de la majorité absolue du Parlement, soit 61 voix. Si un candidat est désigné, il dispose de quatorze jours pour former un gouvernement.
En cas de nouvel échec, ou si aucun candidat n’est désigné par la Knesset dans le délai imparti, le Parlement est dissous et de nouvelles élections doivent être organisées dans les quatre-vingt-dix jours.
Dans l’intervalle, le gouvernement sortant reste en fonction jusqu’à l’entrée en fonction de son successeur.
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