C’est le début d’un ballet diplomatico-militaire à Paris : Emmanuel Macron a reçu jeudi 17 septembre matin le président libanais, Joseph Aoun, afin de préparer un soutien international au déploiement de l’armée libanaise sur l’ensemble du territoire du Liban, en vue d’un désarmement du Hezbollah et d’un retrait d’Israël. Après ce premier entretien à l’Elysée, le président français doit accueillir le roi Abdallah II de Jordanie aux Invalides.
Les trois dirigeants auront ensuite un entretien ensemble, puis ils ouvriront en fin de matinée une réunion « opérationnelle » de hauts responsables militaires de leurs pays et de plusieurs Etats partenaires, dont le Royaume-Uni, les Etats-Unis ou encore l’Arabie saoudite. L’objectif est d’examiner « le plan de déploiement » des Forces armées libanaises selon un « plan clair, crédible, réaliste », a affirmé l’Elysée.
La présidence française veut que « le contexte d’opération, les paramètres, les modalités de cette action soient clarifiés au terme de cette journée de travail », comme préalable à un soutien « très robuste et opérationnel » de la communauté internationale, que ce soit en aide financière, en équipement ou en formation.
Les forces libanaises, sous-payées, mal équipées, peinent dans leur mission de désarmement du Hezbollah, présent dans le sud du pays. Le désarmement du groupe pro-iranien est une condition du retrait d’Israël du Liban sud.
Eviter un « vide sécuritaire »
Avant de se rendre à Paris, le président Aoun a déclaré, dans un entretien à l’Agence France-Presse (AFP) mardi, vouloir parvenir à un accord de sécurité avec Israël une fois que son armée se sera retirée du sud du pays.
Il a martelé sa détermination à désarmer le Hezbollah pro-iranien, mais « sans confrontation ». Le chef de l’Etat libanais a aussi demandé aux Européens, aux Américains et aux Arabes de soutenir l’armée libanaise, appelée à se déployer dans le sud du pays pour l’heure en partie occupé par Israël.
Il a enfin plaidé pour une force de l’Organisation des Nations unies (ONU) − dont le mandat expire bientôt − d’ici à ce que l’armée libanaise soit prête, afin d’éviter un « vide sécuritaire ».
La France et l’Italie, premier pays contributeur en troupes de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), réfléchissent à l’évolution du dispositif international dans le sud du Liban au terme du mandat de la force onusienne à la fin de cette année. Le Liban sera d’ailleurs un des sujets au cœur de l’Assemblée générale de l’ONU la semaine prochaine à New York.