En trois jours, Tirana, la capitale albanaise, a changé de visage. Bâtiments publics incendiés, banques dévastées, feux tricolores et panneaux de signalisation arrachés, poubelles en flammes, rues jonchées de débris de verre et de pavés… Les manifestations antigouvernementales, quotidiennes depuis le 31 mai, ont pris un nouveau tour depuis que des milliers d’étudiants les ont rejointes, mardi 13 octobre. Jusqu’ici, ce mouvement citoyen, inédit et sans leader, baptisé « révolution des flamants roses » par ses participants, était resté pacifique et finissait par s’essouffler.
Après quatre mois et demi de contestation, les manifestants, ulcérés par le « mépris » et « l’indifférence » du premier ministre, Edi Rama, ont opté pour un autre mode d’action. Finis, les paisibles rassemblements du soir avec pancartes de flamants roses et coin enfants. Depuis mardi, des milliers de manifestants investissent Tirana dès le matin, masque anti-Covid sur le nez, cagoule et pavés à la main pour certains, afin de réclamer la démission du chef du gouvernement, de meilleures conditions de vie et la fin de la corruption, endémique dans ce pays des Balkans de 2,4 millions d’habitants.
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