Dans Témoin de Gaza. Ce qui ne s’efface pas (Editions Favre, 240 pages, 18 euros), Philippe Lazzarini raconte l’anéantissement de Gaza et l’entreprise israélienne de destruction de l’UNRWA, l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens. Commissaire général de l’agence de 2020 à mars 2026, il dénonce une « abdication » de la communauté internationale. Il revient aussi sur les accusations de collusion avec le Hamas, les décisions douloureuses qu’il a dû prendre et le risque de voir disparaître toute perspective politique pour les Palestiniens.
Dans votre livre, vous décrivez la volonté ancienne d’Israël de faire disparaître l’UNRWA, notamment parce qu’elle incarne la question des réfugiés palestiniens et de leur droit au retour. Israël est-il en train d’atteindre cet objectif ?
Israël aura tout fait pour y parvenir. Avant le 7 octobre 2023, il y avait toujours cet écart entre le dogme politique et le pragmatisme. Certains politiciens appelaient à la disparition de l’UNRWA, mais l’establishment militaire et le ministère des affaires étrangères étaient beaucoup plus pragmatiques. Ils nous considéraient comme un « mal nécessaire » : ils n’étaient pas d’accord avec la raison d’être de l’agence, mais ils savaient que notre départ créerait un vide.
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