Des convois militaires français qui passent en trombe dans sa ville de Reggane [ville du Sud-Ouest algérien], en plein Sahara algérien, Touhami Abdelkrim s’en souvient comme si c’était hier. Nous sommes dans les années 1950, il est alors jeune, pauvre, affamé. L’arrivée des soldats à l’équipement rutilant lui apparaît ce jour-là comme une délivrance.

Entre 1960 et 1966, la France conduit 17 essais nucléaires sur deux sites du Sahara – 4 essais atmosphériques non loin de Reggane et 13 souterrains à In Ekker [un lieu-dit du massif du Hoggar], dans les montagnes du Sud. Ce programme perdure quatre ans encore après l’indépendance de l’Algérie en 1962 comme prévu par les accords d’Évian [signés le 18 mars 1962, ces accords ont abouti à l’indépendance de l’Algérie. Une annexe militaire permettait toutefois à la France de continuer à mener des essais nucléaires durant cinq ans. Sur les 17 essais réalisés en Algérie entre 1960 et 1966, 11 ont eu lieu après l’indépendance].

Sur ces sites, de nombreuses tâches sont assignées à la population locale. Ce sont des travailleurs algériens – comme Touhami Abdelkrim, aujourd’hui âgé de 87 ans – qui manutentionnent le matériel, sans être équipés ni même vraiment renseignés sur les dangers radioactifs. Pendant que le personnel français supervise à