Une semaine avant la date marquant le début de l’initiation, Carounate baignait déjà dans la ferveur du bukut [ce rite initiatique du peuple diola, établi en Casamance, se perpétue depuis le XIIe siècle]. Située sur l’axe [des villes] Ziguinchor-Cap Skirring, à quelques encablures d’Oussouye, la capitale départementale, cette bourgade de la commune d’Oukout passait presque inaperçue avant cet événement.
En temps normal, la plaque sur laquelle est mentionné le nom du village, le dispensaire et une boutique sont les seuls repères, sur la route, indiquant la présence d’un peuplement. Avec l’initiation, ce hameau, niché au cœur d’une forêt d’espèces gigantesques telles que le fromager, le rônier et le caïlcédrat, est devenu le point de convergence du peuple adiamat [un sous-groupe du peuple diola, distinct sur les plans ethnique et culturel du reste du Sénégal]. Les gens viennent de différentes localités du Sénégal et de la diaspora pour rallier ce village du Kassa (l’autre appellation du département d’Oussouye).
Les maisons refusent progressivement du monde. Des rues aux concessions en passant par les places publiques, des groupuscules d’initiés, que l’on appelle adiankarou (“accompagnateur”) parce qu’ayant déjà fait le bukut dans leurs villages respectifs, mettent l’ambiance, souv
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