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Géopolitique

En Algérie, les législatives s’orientent vers un taux de participation historiquement bas

D’après un décompte provisoire des autorités, la participation s’élevait à moins de 21 %, malgré l’appel du gouvernement à aller voter et la prolongation de l’ouverture des bureaux.

En Algérie, les législatives s’orientent vers un taux de participation historiquement bas
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Après une campagne sans relief, près de 25 millions d’Algériens étaient appelés à voter, jeudi 2 juillet, pour élire une nouvelle Assemblée populaire nationale (APN). Mais ces élections législatives se dirigent vers un taux de participation historiquement bas, qui s’établissait à 20,79 % selon un décompte des autorités.

« Ces chiffres sont provisoires », a affirmé, tard jeudi, Karim Khelfane, président par intérim de l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie). Ils « vont sûrement changer et bouger », a-t-il ajouté lors d’une intervention diffusée par la page de l’Anie sur Facebook.

L’abstention était l’un des enjeux majeurs de ce scrutin. Le vote a été prolongé d’une heure dans tout le pays afin de « permettre aux électeurs d’exercer leur droit de vote », selon l’Anie.

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Au total, 407 sièges sont à pourvoir pour un mandat de cinq ans. Les résultats devraient être proclamés dans les jours à venir. Les formations proches du pouvoir, comme le Front de libération nationale (FLN), devraient sauf surprise dominer cette nouvelle Assemblée.

Un tiers des listes invalidées

Dans le centre de la capitale, les bureaux de vote étaient quasi déserts dans l’après-midi. Seuls étaient présents des agents électoraux et une poignée d’électeurs, selon des témoignages recueillis par l’Agence France-Presse (AFP). « Nous sommes venus exercer notre devoir, en espérant quelque chose de bien. C’est tout ce que j’ai à dire », a déclaré Djammel Bouakkaz, retraité de 74 ans, dans un bureau de vote d’Alger.

Le scrutin s’est aussi tenu sur fond de controverse liée à l’invalidation d’environ un tiers des listes, plusieurs partis dénonçant leur exclusion de certaines circonscriptions, notamment dans la capitale.

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Cité par l’agence officielle APS, le président, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé dans la journée que les législatives se déroulaient dans de bonnes conditions. Le ministre de l’intérieur, Saïd Sayoud, n’a de son côté pas souhaité, selon le site d’information TSA, s’exprimer sur le taux de participation. « Je lance un appel aux Algériennes et aux Algériens pour se rendre en force aux urnes », a-t-il déclaré d’après le site.

« Tout au long de cette campagne, l’enjeu crucial aura été d’inciter et de convaincre les concitoyens à se rendre en masse aux urnes », a écrit le quotidien L’Expression. « Le taux de participation demeure, légitimement, le principal cheval de bataille des états-majors politiques, soucieux d’asseoir la pleine légitimité de la future Assemblée », a-t-il poursuivi.

Fortes attentes sociales et économiques

Les dernières législatives, en 2021, remportées par le FLN, avaient été marquées par un taux de participation de 23 %, le plus bas de l’histoire du pays. Elles s’étaient tenues dans le sillage du Hirak, le mouvement de contestation populaire inédit né en février 2019. Il avait conduit, deux mois plus tard, à la démission du président Abdelaziz Bouteflika et porté des revendications de changement politique, de lutte contre la corruption et de réforme des institutions.

Progressivement, une interdiction des rassemblements, que les autorités ont justifiée par l’épidémie de Covid-19, et l’incarcération des figures de proue du Hirak ont étouffé la contestation à partir de mars 2020.

L’actuel président Abdelmadjid Tebboune avait été élu en décembre 2019, puis réélu en 2024. Des ONG de défense des droits humains dénoncent la reprise par les autorités du contrôle de l’espace public depuis l’élan du Hirak. Le pays reste confronté à de fortes attentes sociales et économiques, particulièrement chez les jeunes.

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Le Monde avec AFP

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