L’asado devient un luxe”, se lamente le média iProfesional. L’asado (ou barbecue argentin), c’est toute une tradition, un vrai rituel codifié et chargé de sens, comme la cérémonie du thé au Japon. Au pays où la viande passe pour être l’une des meilleures du monde, c’est bien plus que le simple fait de griller des steaks à la braise. C’est un moment partagé en famille, entre amis, souvent le dimanche mais pas uniquement. Un symbole de l’identité nationale et aussi de la bonne santé économique du peuple argentin, connu comme l’un des plus carnassiers qui soient.

Alors la nouvelle de la chute de la consommation de viande affole la presse. “La viande de bœuf perd sa place sur la table des Argentins et sa consommation revient au niveau de 1920, s’inquiète El Norte. Avec 46 kilos par an et par habitant, on est très loin du record de 1956, quand chaque argentin en consommait plus de 100 kilos chaque année.”

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De fait, c’est le chiffre le plus bas depuis qu’existe la série statistique de la Chambre d’industrie et de commerce des viandes d’Argentine (Ciccra), qui commence en 2005. “Cette évolution se produit dans un contexte de perte de pouvoir d’achat des Argentins, et d’une forte augmentation des prix de la viande, explique le média Rosario3. Selon le relevé de la Ciccra, la viande de bœuf a augmenté de 51,2 % en août par rapport au même mois de l’année dernière, bien au-delà des 33,2 % d’inflation enregistrés.”

À l’inverse, les exportations affichent des résultats positifs. Selon la même étude, les expéditions à l’étranger ont augmenté de 11,4 % d’une année sur l’autre. “En fait, la demande croissante à l’international exerce une pression sur l’offre destinée à la consommation locale”, analyse iProfesional.

Le choix de protéines animales moins chères

“Le résultat, c’est un marché intérieur chaque jour un peu plus restreint, où la viande bovine (qui était pourtant historiquement centrale dans le régime argentin) perd sa place devant des options plus accessibles, comme le poulet”, résume El Diarioar.

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Le poulet, la viande de porc et… les œufs. “On assiste à un boom des ventes d’œufs, qui ont un rapport prix-qualité nutritionnelle plus ajusté aux poches bien maigres d’une grande partie de la population, remarque Tiempo Argentino. Il n’est pas rare aujourd’hui de voir marcher dans la rue des gens qui portent des boîtes de trente œufs, qu’on peut acheter à partir de 4 euros.”

Alors que l’Argentine dégringole les échelons du classement mondial pour la consommation de viande, elle a atteint la première place pour la consommation d’œufs, avec une moyenne de 398 œufs par an et par personne, détrônant le Mexique d’une demi-douzaine d’unités. “Mais plus qu’un choix volontaire, il s’agit de l’alternative protéinée la plus accessible en ces temps d’effondrement du pouvoir d’achat”, conclut Tiempo Argentino.