Seuls 22 % des jeunes entre 12 et 16 ans ont une vision positive de l’homosexualité, contre 40 % il y a quatre ans : c’est le résultat d’une enquête périodique menée par l’institut Trimbos et l’université d’Utrecht auprès d’un échantillon représentatif de 6 600 jeunes Néerlandais. Ce pourcentage est plus élevé chez les filles, 51 %, remarque De Volkskrant, mais il faut le comparer au score de 2021, qui était alors de 78 %.

“Les adolescents sont de plus en plus nombreux à trouver ‘dégoûtant’ que deux personnes du même sexe s’embrassent et à ne pas souhaiter que des jeunes fassent connaître leur homosexualité à l’école”, relève le quotidien NRC.

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Ces résultats sont d’autant plus “notables” que, jusque-là, l’intolérance des adolescents à l’égard de l’homosexualité baissait d’année en année, reprend De Volkskrant.

Mais “ces dernières années, on a relevé des signaux que quelque chose était en train de changer. Les écoles observent par exemple de plus en plus de résistance lors des ‘vendredis violets’”, un événement annuel organisé en milieu scolaire pour promouvoir l’ouverture à l’égard de la diversité de genre et d’orientation sexuelle.

“On s’attendait à une baisse, mais pas de cette ampleur”, déclare la chercheuse Gonneke Stevens, spécialiste du bien-être des adolescents à l’université d’Utrecht, qui a dirigé l’enquête. “La tolérance est revenue au niveau de 2009”, quand l’étude s’est pour la première fois penchée sur le sujet.

Tous milieux confondus

La différence d’opinions ne s’exprime pas qu’entre garçons et filles, ajoute NRC : “L’enquête relève que les jeunes d’origine étrangère sont en moyenne moins tolérants, et que le niveau d’étude a également un incidence.” Mais cela n’explique pas les résultats de cette année, objecte Gonneke Stevens : “Cette différence-là, on la relevait depuis longtemps. Or la tolérance a baissé ces dernières années chez les jeunes en général, qu’ils aient ou pas des origines étrangères, qu’ils soient dans un lycée général ou professionnel, qu’ils viennent d’un milieu modeste ou aisé.”

Cette montée de l’homophobie “s’inscrit dans une tendance plus profonde dans la société”, déclare la même chercheuse au Volkskrant : “Il est devenu plus normal d’exprimer des opinions négatives au sujet de l’homosexualité. On entend notamment des politiciens critiquer le ‘vendredi violet’.”

Une autre chercheuse, qui n’a pas participé à l’étude, souligne qu’à l’échelle européenne on constate que la jeune génération a des opinions plus conservatrices à l’égard de l’avortement ou des relations hommes-femmes, et qu’elle est plus religieuse que les générations précédentes.

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“Quant à savoir pourquoi, difficile à dire”, résume De Volkskrant. “Les chercheurs de l’université d’Utrecht pointent du doigt l’influence de la manosphère. Ce terme général désigne les influenceurs qui promeuvent une idée rigide des rapports hommes-femmes, selon laquelle les premiers doivent être dominants, puissants et hétéros, tandis que les secondes doivent surtout être belles et dociles.”

NRC rappelle pour sa part que cette enquête porte plus largement sur la santé et le bien-être des jeunes et que, entre autres conclusions, elle continue de relever l’état inquiétant de la santé mentale des jeunes filles par rapport à la période pré-Covid.

La chercheuse Margreet de Loos y voit un lien avec la hausse des opinions homophobes : dans les deux cas, “ça nous dit peut-être quelque chose de l’ambiance à l’école et de l’intolérance en hausse à l’égard des enfants qui sont différents.”