Dans la nuit de mardi 18 à mercredi 19 août, les pompiers ont réussi à encercler complètement le plus grand incendie de forêt que la Belgique ait connu depuis un siècle, mais la situation sur le terrain « reste compliquée », plusieurs reprises de feu ayant été observées, a fait savoir Tony Hosmans, porte-parole de la cellule de crise, mercredi à l’Agence France-Presse. Le feu ne se dirige pas vers l’Allemagne et l’objectif est de le maîtriser mercredi « si possible avec un soutien aérien », a-t-il ajouté.
Quelque 3 000 hectares ont déjà été ravagés par les flammes. Les pompiers ont travaillé dès la nuit de lundi à mardi à faire la jonction entre les fronts est et nord du sinistre, dans des conditions d’accès souvent très difficiles. Deux pompiers, légèrement blessés et hospitalisés, ont pu rentrer chez eux mardi, selon M. Hosmans.
Désormais, la jonction étant faite, les soldats du feu devraient être en mesure de progresser et d’éteindre enfin cet incendie, le plus important du pays depuis 1911, lorsque les flammes avaient déjà ravagé la zone des Hautes Fagnes. Le ministre de l’intérieur belge, Bernard Quintin, a toutefois averti que l’extinction de l’incendie prendrait encore « des semaines », en raison notamment de la tourbe, très présente dans ce parc naturel et qui a la capacité de brûler en profondeur.
La pluie ralentit la progression du feu mais entrave les opérations aériennes
Des avions bombardiers d’eau venus de Norvège, d’Allemagne, de Suède et des Pays-Bas sont intervenus pour prêter main-forte, mais ils ont été cloués au sol à plusieurs reprises en raison d’une couverture nuageuse basse et n’ont pas pu opérer mardi.
La pluie qui tombe par intermittence sur la zone a ralenti la progression de l’incendie en augmentant le taux d’humidité, mais les conditions météorologiques ont gravement perturbé le soutien aérien. Selon M. Hosmans, « aucune amélioration notable » des conditions n’est attendue mercredi.
Dès la nuit de lundi à mardi, les pompiers ont procédé à de l’étrépage, tactique consistant à enlever la couche superficielle du sol pour le mettre à nu et retirer ainsi la charge inflammable.
La Belgique, comme une grande partie de l’Europe, a souffert l’été durant d’épisodes de fortes chaleurs – le mercure est monté à 37 °C dans certaines parties du pays en fin de semaine dernière – et de la sécheresse. Autant de conditions propices au départ de ce grand incendie.