Les chiffres ont de quoi donner le tournis. En 2025, le déficit public s’est établi à 5,1 % du produit intérieur brut (PIB), et la cible fixée à 5 % pour 2026 s’annonce déjà difficile à atteindre. Dans le même temps, la dette s’est envolée au premier trimestre et a franchi le seuil des 3 500 milliards d’euros, soit l’équivalent de 117,5 % du PIB. Le premier ministre, Sébastien Lecornu, l’a d’ailleurs reconnu, le 22 juillet, auprès de Paris Match : le niveau de la dette et du déficit est « préoccupant », « grave même ».
Quelle que soit sa forme, une crise budgétaire ne saurait pour autant se résumer à une simple affaire de chiffres ou à un problème économique. Elle constitue surtout une crise de gouvernance, questionnant la capacité du pouvoir politique à reprendre le contrôle sur une situation qu’il ne parvient pas à stabiliser. Plus globalement, elle permet de tester l’exécutif sur sa compréhension des événements, sur sa gestion et sur la façon dont il reste légitime – ou non – auprès de la société. C’est la thèse défendue par deux chercheurs en sciences politiques, Philippe Zittoun et Patrick Hassenteufel, dans une étude publiée dans le numéro de juillet de la Revue française de science politique, éditée par les Presses de Sciences Po.
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