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En Bolivie, la mobilisation contre le président Rodrigo Paz s’intensifie, des affrontements à La Paz

Les manifestations ont été émaillées de violences, lundi, dans la capitale. Le parquet a ordonné l’arrestation du leader du principal syndicat ouvrier du pays, Mario Argollo, accusé notamment « d’incitation publique à commettre des délits » et de « terrorisme ».

En Bolivie, la mobilisation contre le président Rodrigo Paz s’intensifie, des affrontements à La Paz
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Policiers et manifestants se sont affrontés, lundi 18 mai, à La Paz, capitale bolivienne coupée du reste du pays depuis plusieurs jours par des barrages routiers, sur fond de contestation contre le président Rodrigo Paz.

A peine six mois après son arrivée au pouvoir, le dirigeant de centre droit fait face à une pression croissante de paysans, ouvriers, mineurs et enseignants, qui dénoncent la pire crise économique qu’ait connue la Bolivie depuis quatre décennies.

Armés d’explosifs artisanaux, de bâtons et de pierres, des manifestants ont tenté d’entrer sur la place Murillo, où se trouve le palais présidentiel, a constaté l’Agence France-Presse (AFP). Des centaines de policiers anti-émeutes les ont repoussés à coups de gaz lacrymogènes.

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Le parquet a annoncé avoir ordonné l’arrestation du chef du principal syndicat ouvrier du pays, Mario Argollo, l’un des leaders des manifestations, accusé notamment « d’incitation publique à commettre des délits » et de « terrorisme ».

Un groupe de manifestants a pillé un bureau du registre national des biens, emportant du mobilier, des ordinateurs et d’autres équipements, selon des images diffusées par le gouvernement. En fin d’après-midi, le calme est revenu dans la ville.

Les autorités n’avaient pas encore communiqué de bilan des interpellations, mais la chaîne Unitel a fait état de plus d’une centaine d’arrestations. L’AFP a constaté qu’au moins deux personnes avaient été blessées.

Evo Morales accusé d’être à l’origine du mouvement

Le gouvernement accuse l’ancien président socialiste Evo Morales (2006-2019), sous le coup d’un mandat d’arrêt dans une affaire de traite présumée d’une mineure, d’être derrière les troubles. Les manifestants sont des « opérateurs politiques » utilisés par M. Morales pour tenter de revenir « au pouvoir », a déclaré à la chaîne Red Uno le ministre de l’économie, José Gabriel Espinoza.

Des partisans de l’ancien président sont arrivés lundi à La Paz après sept jours de marche depuis le département d’Oruro, réclamant eux aussi le départ de Rodrigo Paz. Certains craignent qu’Evo Morales soit prochainement arrêté. Depuis 2024, il vit retranché dans son fief politique du Chapare.

Sur son compte X, il a exprimé sa solidarité avec les manifestants et qualifié Mario Argollo ainsi que d’autres dirigeants syndicaux de victimes d’une « brutale persécution ».

La mobilisation s’accompagne depuis plus de deux semaines de barrages routiers qui paralysent les accès à La Paz. L’organisme public Administradora boliviana de Carreteras recensait lundi soir au moins 32 points de blocage dans tout le pays.

Samedi, policiers et militaires avaient réussi à rouvrir temporairement certaines routes d’accès à La Paz après des affrontements avec des manifestants. Mais les protestataires ont repris le contrôle de plusieurs points de blocage le jour même.

Mort d’un manifestant

Le vice-ministre de l’intérieur et de la police, Hernan Paredes, a fait savoir qu’un manifestant était mort lors de ces affrontements après être tombé dans un fossé.

Ces barrages maintiennent la capitale administrative quasiment coupée du reste du pays, provoquant des pénuries de carburant, de nourriture et de médicaments. Le gouvernement a annoncé qu’il interviendrait de nouveau mardi sur les routes bloquées afin de mettre en place un nouveau « corridor humanitaire » pendant six heures.

La semaine dernière déjà, plusieurs manifestations antigouvernementales avaient secoué La Paz, sur fond de pénuries de carburant et de forte inflation.

La Bolivie traverse sa pire crise économique depuis les années 1980. Le pays a épuisé ses réserves de dollars pour financer les subventions aux carburants, supprimées en décembre. L’inflation sur un an a atteint 14 % en avril.

Le Monde avec AFP

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