Le 11 mai, lors d’une conférence sur « l’avenir de la science chinoise » à l’Université polytechnique orientale de Ningbo (Chine), le professeur Rao Yi, président de l’université médicale de Pékin, a lancé un plaidoyer pour le métier de chercheur, « permettant à l’humanité de préserver sa noblesse d’âme » et un réquisitoire contre la fraude académique. La Chine, désormais une des grandes puissances scientifiques, détiendrait actuellement, selon lui, le « record mondial des manquements académiques ». En cause : une falsification quasi industrielle de publications scientifiques.
Rao Yi a fustigé un système qui « lie étroitement les financements publics de la recherche à l’importance des titres honorifiques des chercheurs ». Or, en Chine – comme ailleurs –, ces titres s’obtiennent en grande partie grâce à l’accumulation de publications scientifiques, en particulier dans les revues prestigieuses. Cette pression du « publier ou périr » a transformé, selon Rao Yi, « les subventions publiques en récompenses personnelles plutôt qu’en soutien à la recherche ». Une telle logique a conduit à l’émergence de clans académiques où chacun valide les travaux des autres, et à la banalisation de la tricherie.
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