Le soldat colombien de la Légion étrangère française retenu en otage par des guérilleros a réussi à leur échapper et est sain et sauf, a confirmé au Monde l’état-major des armées lundi 7 septembre.
José Olger Melo Charry, enlevé le 6 août par un groupe dissident des ex-Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), avait été pris en otage alors qu’il circulait sur une route du Nariño (Sud-Ouest), une région où opèrent des organisations liées au narcotrafic et à l’exploitation minière illégale. Il voyageait avec une femme qui avait également été prise en otage et libérée quelques heures plus tard.
Le trentenaire s’est échappé jeudi 3 septembre, a déclaré une source militaire à l’Agence France-Presse (AFP), et, après quatre jours de marche, s’est présenté aux autorités de Policarpa, dans la région du Nariño.
Le ministère des armées français a exprimé au Monde son « soulagement » de savoir le légionnaire sain et sauf, tout en remerciant les autorités colombiennes pour leur action. « Bien que de nationalité colombienne, le légionnaire était un soldat au service de la France, souligne-t-il. Par conséquent, le ministère a été dès le départ très attentif à sa situation. » Le soldat n’était pas en service au moment des faits, selon le ministère. Il était en permission et n’avait pas l’autorisation de sa hiérarchie pour se rendre en Colombie.
Enquête en cours en Colombie
Le ministère français n’était pas en mesure lundi soir d’apporter plus d’éléments, soulignant qu’une enquête judiciaire était en cours en Colombie. Les faits ont également été signalés à la justice française. Selon les autorités colombiennes, les ravisseurs n’ont jamais exigé de rançon.
La Légion étrangère est une force combattante de l’armée de terre française composée de 9 000 soldats de diverses nationalités, commandés essentiellement par des officiers français.
Sa capture avait été revendiquée, dans un communiqué en français, par l’Etat-major central (EMC), principale faction de la dissidence des FARC à avoir rejeté l’accord de paix de 2016. Dirigé par celui qui se fait appeler Ivan Mordisco, le guérillero le plus recherché de Colombie, l’EMC avait menacé le président de droite dure Abelardo de la Espriella de riposter à « toute tentative d’opération de sauvetage » du soldat.
La Colombie connaît la pire vague de violence de ces dix dernières années, depuis la signature de l’accord de paix de 2016 qui a démobilisé l’essentiel des FARC. De nombreux groupes armés s’affrontent notamment pour le contrôle du trafic de cocaïne. Face à une série d’attentats, d’assassinats et d’enlèvements perpétrés sur l’année écoulée, Abelardo de la Espriella, président en exercice depuis un mois, a ordonné des frappes aériennes sur les camps des guérilleros.
En plus de soixante ans de conflit, les groupes armés en Colombie ont perpétré des milliers d’enlèvements à des fins d’extorsion ou de pression politique. L’un des cas les plus emblématiques a été l’enlèvement et la séquestration pendant six ans de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, kidnappée en 2002 alors qu’elle faisait campagne pour la présidentielle. Elle avait été libérée en 2008 dans une opération menée par l’armée colombienne.