Une soixantaine de personnes ont été arrêtées en Egypte, soupçonnées d’avoir rejoint un groupe d’opposition lié au mouvement « Gen Z » sur la plateforme en ligne Discord, a affirmé, mercredi 15 juillet, une avocate de certains des mis en cause.
Ces derniers sont poursuivis notamment des chefs d’appartenance à un groupe terroriste, diffusion de fausses informations ou encore de mauvaise utilisation des réseaux sociaux, a énuméré Shorouk Sallam, cheffe de l’équipe juridique de l’organisation de défense des droits humains Egyptian Front for Human Rights.
« Les arrestations ont débuté à la fin de l’année dernière, mais à partir de la mi-mai, le rythme s’est accéléré et désormais 60 personnes ont été arrêtées » au total, a-t-elle expliqué.
Les personnes interpellées avaient rejoint un serveur appelé GenZ002, fondé par Anas Habib. Cet activiste égyptien vivant à l’étranger appelle les Egyptiens à exprimer leur opposition par le biais de graffitis ou en distribuant des tracts. Un sondage en ligne appelant à la destitution du président Abdel Fattah Al- a aussi été lancé, selon Shorouk Sallam.
Anas Habib avait été arrêté en 2025 en Europe, pour une attaque présumée contre l’ambassade d’Egypte à Amsterdam, puis pour une menace présumée contre une visite du président égyptien à Bruxelles.
Un mouvement international
La plateforme Discord, populaire auprès des jeunes, a été temporairement bloquée en Egypte plus tôt cette année. Elle a joué un rôle central dans les manifestations de la « génération Z » qui se sont produites au Népal et au Maroc l’année dernière.
Le Caire est fréquemment critiqué pour des violations des droits humains et des atteintes à la liberté d’expression, notamment à travers une vaste campagne de répression contre les créateurs de contenu en ligne qui a conduit de jeunes influenceurs et humoristes en prison.
La « Gen Z », qui faisait initialement référence à une génération née entre la fin des années 1990 et la fin des années 2000, désigne désormais des mouvements éruptifs de jeunes frustrés par les inégalités qui ont, en 2025, multiplié les manifestations et ébranlé des gouvernements sur trois continents où la jeunesse est nombreuse : l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine. Ils ont ainsi fait chuter deux gouvernements, au Népal et à Madagascar.