L’heure est à la mobilisation générale au Tigré. Le Front populaire de libération du Tigré (FPLT), le parti historique qui a repris les commandes de la région du nord de l’Ethiopie le 5 mai, à la faveur d’un coup de force, s’apprête à adopter la loi martiale, selon une note interne. Le projet, présenté au comité central du parti le 2 juin, indique que « chaque Tigréen dont l’âge et la santé le permettent a le devoir national d’accepter et de se joindre à l’appel à la résistance », sous peine d’arrestation, et propose d’accorder des pouvoirs étendus aux autorités tigréennes.
Le FPLT se prépare à l’éventualité d’un conflit, alors que les relations continuent de se dégrader avec le gouvernement fédéral du premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed. Les recrutements forcés ont déjà débuté depuis plusieurs semaines. « Ils entrent dans les maisons, ils embarquent aussi ceux qui traînent dans la rue », raconte Kaleb (son prénom a été modifié pour garantir son anonymat), un jeune homme originaire de la ville de Shiré – dans le centre du Tigré – qui a fui la région fin mai afin d’échapper aux enrôlements du FPLT. « Je suis parti pour ne pas mourir dans une guerre inutile », lance-t-il, en référence au précédent conflit, qui a fait environ 600 000 morts entre 2020 et 2022, selon les estimations de l’Union africaine.
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