La rédactrice l’assure d’emblée : “C’est la version littéraire et poétique des gemista qui prévaut en moi.” Les légumes farcis, généralement des tomates ou des courgettes, figurent parmi les plats préférés des Grecs.

Mais comme l’assure cette journaliste de To Vima, les gemista représentent bien plus qu’une saveur. Leur recette et leur goût sont associés à un vécu et une certaine identité.

Ce plat a “souvent un lien avec la terre natale, évoque le souvenir des vacances au village”, écrit ainsi le grand hebdomadaire dominical.

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Car “autrefois, l’été commençait officiellement dans les foyers lorsque le plat de légumes farcis était enfourné”. Les légumes gorgés de soleil, fourrés de garniture, éveillent les sens et les souvenirs. “Les gemista font partie intégrante de nos vies. Les cuisiner est une façon simple d’exprimer son affection, de montrer à quelqu’un qu’on ne compte pas le temps passé avec lui”, poursuit cette amoureuse. “C’est un fait. Avec un plat de gemista commencent les plus belles histoires”, assure-t-elle.

Plus qu’un plat, un poème

Et si leurs recettes varient, le plaisir reste inchangé. “On se délecte du débat passionné entre les partisans des gemista au riz, et les défenseurs des gemista à la viande”, s’amuse la journaliste grecque.

“Chacun défend sa version avec ferveur et sans compromis. Car les gemista font partie de l’histoire personnelle de chacun. Et si cette histoire contient beaucoup de menthe et pas de persil, personne ne se fâchera.”

Pas question de faire preuve de conservatisme sur une éventuelle meilleure recette immuable, et les gemista sont tellement populaires que même les plus grands chefs du pays s’adonnent à retravailler de mille façons les légumes farcis.

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“Vous vous doutez que le nombre de recettes de gemista disponibles sur internet est inimaginable. Certes, elles ne sont pas toutes réussies… mais on s’en fiche”, assure l’autrice, le plus important étant de participer à la perpétuation de ce plat ancestral. “Même ceux qui n’ont pas eu la chance d’avoir une grand-mère grecque peuvent s’en inspirer”, rassure ainsi To Vima.

“Je vous le dis : cuisinez des gemista et laissez-vous inspirer par les histoires qu’elles racontent. Car ça n’est pas qu’un plat, c’est un poème.”