Le 27 juin, l’édition 2026 de la Marche des fiertés de Budapest se déroule dans un contexte plus favorable que celle de 2025, qui avait été interdite par le gouvernement Orban. Malgré l’utilisation de caméras de reconnaissance faciale et la menace d’amendes considérables, près de 300 000 personnes avaient bravé le pouvoir et participé à cette manifestation historique. Contrairement à l’an dernier, la Pride de ce samedi se déroulera avec l’accord des autorités.
Le 9 juin, le nouveau Premier ministre, Peter Magyar, donnait son feu vert à la Marche et se disait “ouvert” au débat sur les droits des couples LGBTQI, relate 24.hu. Le dirigeant hongrois évoquait aussi son ouverture à la “modification de la loi de mars 2025 prohibant la Pride et les rassemblements similaires”, souligne le portail. Le maire de Budapest, Gergely Karacsony, “avait été poursuivi pour avoir maintenu le défilé” mais “les charges contre lui avaient [finalement] été abandonnées”.
Soutien populaire au mariage et à l’adoption
La veille, Magyar déclarait qu’un enfant sans famille “serait mieux chez un couple homosexuel qu’au sein du système de protection de l’enfance” ou “qu’aux Pays-Bas, chez des trafiquants d’êtres humains, des délinquants sexuels ou des cartels de la drogue”, relève HVG. Lors de la même allocution au Parlement, Magyar accusait ironiquement l’opposition “d’être ceux qui ne cessent de parler de ‘genre’ et de ‘Pride’, à l’inverse du gouvernement”, poursuit HVG.
Jusqu’au 8 juin, Peter Magyar “ne s’était pas souvent exprimé sur des sujets touchant à la communauté LGBTQ” et “n’avait pas commenté de manière approfondie l’interdiction, puis la tenue, de la Pride l’année dernière”, note Refresher. Mais ses mots “constituent un soutien sans équivoque aux familles arc-en-ciel, soulignant que, pour les enfants adoptés, l’amour qu’ils reçoivent est plus important que le genre de leurs parents”, commente le média.
La société hongroise s’ouvre également. Selon un sondage de l’institut Median relayé par Portfolio, “57 % des Hongrois souhaiteraient abroger les lois restreignant les droits des personnes LGBT”, comme la loi pour la “protection des enfants” de 2021, l’interdiction de changement de sexe et de nom pour les transgenres, et l’interdiction des événements LGBT. De plus, “68 % des personnes interrogées autoriseraient le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe”.
Drapeaux arc-en-ciel jetés dans le Danube
Mais la visibilité de la communauté LGBTQI agace toujours certains. Le 21 juin, un homme “jetait dans le Danube” les drapeaux arc-en-ciel disposés sur un pont en prévision du passage de la Pride, rapporte Telex. Le 24 juin, “de jeunes militants d’extrême droite installaient des drapeaux hongrois” pour protester, ajoute un autre article. En réponse, la municipalité de Budapest installe “des drapeaux LGBT aux côtés des hongrois” afin de signifier que la Pride “est une fête nationale”, précise le site.
La commissaire européenne chargée de l’égalité, Hadja Lahbib, “participera à la Budapest Pride 2026”, précise Magyar Hang. Ce vendredi, elle s’entretenait avec plusieurs ministres et “la commissaire gouvernementale chargée de la politique sociale”, développe l’hebdomadaire. Samedi, elle rencontrera le maire de Budapest puis “les organisateurs de la Budapest Pride et des associations de défense des droits de l’homme”.
Lors de son investiture, Peter Magyar affirmait vouloir “un pays où personne n’est stigmatisé parce qu’il est différent et aime autrement que la majorité”, alors qu’il “a peu évoqué les LGBTQ durant sa campagne”, remarquait alors Humen Online. En mars, les associations LGBTQ “formulaient douze attentes”, dont la reconnaissance juridique des transgenres, la fin des thérapies de conversion, le mariage et la possibilité d’adopter, indiquait le média queer dans un autre article. Des messages qui résonneront sans doute ce 27 juin afin de mettre la pression sur le pouvoir.
Les Hongrois parodient une “marche des réacs” pour dénoncer la politique anti-LGBTQI
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