C’est un des paradoxes de la vie politique israélienne. À la veille de ce qui sera peut-être le scrutin le plus disputé, le plus brutal et le plus lourd de conséquences de l’histoire du pays, tout le monde s’entend sur une chose essentielle, à savoir que personne n’a vraiment idée de ce qui va se passer le 27 octobre ou après.

Les jours se suivent, les sondages se succèdent. Promesses de campagne, alliances et rivalités s’enchaînent. Mais trois ans après la pire catastrophe qu’ait connue Israël, et sept ans après le grand plongeon du pays, tête la première, dans un abîme de polarisation, rien ne prouve que l’heure soit venue de régler les comptes. Au contraire, ce qui prévaut est un sentiment d’incertitude.

Nétanyahou a maintes fois déjoué les pronostics

Historiquement, dans ce pays, les sondages ont prouvé qu’on ne pouvait pas leur faire confiance – ce qui n’a rien de surprenant, compte tenu du paysage politique byzantin d’Israël.

Aux États-Unis, les instituts de sondage sont repartis enduits de goudron et de plumes après chacune des deux victoires de Donald Trump, alors qu’ils n’avaient à prédire que le score de deux partis en lice. Imaginez s’ils avaient dû se dépêtrer de treize partis, dont certains ne récolteront même pas assez de voix pour entrer à la Knesset, alors qu’une