Dans ce centre de conférence au cœur de Jérusalem-Ouest, le panneau en carton plastifié présente une photographie en grand du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Le bras du chef du gouvernement y entoure les épaules d’un homme, lequel tend son pouce dressé pour dire sa satisfaction. Un trou ovale permet aux militants du Likoud de glisser leur tête au milieu du présentoir afin de donner l’illusion d’avoir été photographié aux côtés du vieux dirigeant, surnommé « Bibi », âgé de 76 ans, dont près de dix-neuf années, en cumul, comme premier ministre. Une longévité exceptionnelle acquise grâce à une emprise patiemment construite sur la droite israélienne.
Lundi 17 août, à Jérusalem comme dans plusieurs dizaines de bureaux de vote dans le pays, 140 000 militants du Likoud, le parti de droite fondé en 1973 par Menahem Begin, étaient appelés à voter dans le cadre d’une « primaire » afin de désigner les candidats qui figureront sur la liste nationale du mouvement, derrière leur leader, M. Nétanyahou, lors des élections législatives, le 27 octobre. Avec cette question qui effraie les « bibistes » tout autant que leurs adversaires : le chef du gouvernement, vainqueur de tant d’élections depuis 1996, tacticien redoutable, aussi adoré par ses fidèles que détesté par ses opposants, saura-t-il de nouveau renverser les mauvais sondages et se maintenir au pouvoir ?
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