Elles s’appellent Gülsüm, Hatice, Hergiz, Sevda, Sennur, Esma et Gülten. Leur journée a commencé à 7 h 30 par un petit-déjeuner au milieu des vignes. Quelques tomates, du pain, des olives et un bout de fromage. Après avoir mangé ensemble, les voici en plein travail. Gülten Kartas, 61 ans, se penche vers les ceps comme elle se pencherait vers un enfant. Du bout des doigts, elle pince quelques bourgeons verts et les laisse tomber à terre. Dans le jargon, on appelle “ébourgeonnage” ce geste qui consiste à supprimer les bourgeons excédentaires.

Cep après cep, rang après rang, les sept femmes progressent. On papote, on rit, on travaille en silence, aussi. Cela fait maintenant plus de vingt ans que Gülten travaille ici, dans les vignobles d’Akhisar, dans l’arrière-pays de la région égéenne, en Turquie.

“Günaydin !” lance une voix : “Bonjour !” Les femmes lèvent les yeux et saluent Isik Gülçubuk, 41 ans. Autour du cou de celle-ci, une cordelette à laquelle est suspendu son smartphone, lequel va sonner souvent aujourd’hui, comme tous les jours en ce moment. Elle examine les petites excroissances vertes qui se métamorphoseront en jolies grappes mûres d’ici à quelques mois. Isik pressera le raisin en question, le fera vieillir dans des fûts de chêne français, s’occupera aussi de l’assembl