Le résultat de la primaire républicaine de la 4e circonscription du Kentucky a été annoncé par les médias deux heures avant la fermeture des bureaux de vote, constate CNBC. Le signe que pour Thomas Massie, candidat défendant son siège à la Chambre des représentants, la défaite face à Ed Gallrein, soutenu par Donald Trump, est d’ampleur alors que pour le président, qui avait fait de Massie l’une de ses cibles, il s’agit d’une “énorme victoire”, selon Axios. “Encore une victoire” dans ces primaires, observe même CNBC. Un succès de plus “qui souligne la force de l’influence du président sur le parti”, estime Time.
L’analyse est largement partagée. Pour le Guardian, “Donald Trump a démontré sa suprématie sur le parti républicain”. Le président “consolide son emprise sur le GOP même si ses sondages de popularité dans le pays continuent de baisser”, pointe Politico. Le New York Times parle d’“une victoire majeure” confirmant “son influence durable sur les électeurs républicains et sa capacité à se venger des rivaux au sein du parti”.
Ed Gallrein, un ancien Navy Seal, l’emporte avec 54,8 % des voix, presque 10 points de plus que son adversaire, qui avait été jusqu’ici réélu sans embûche depuis 2012. “Gallrein a lié sa campagne à Trump et s’est présenté comme un fervent loyaliste”, indique Time.
À l’inverse, Massie, “l’iconoclaste aux tendances libertariennes”, comme le décrit Politico, “l’un des critiques les plus bruyants du président Trump dans le camp républicain”, dit de son côté la BBC, a pris position contre le président américain sur le budget, l’intervention en Iran ou l’aide financière à Israël. Il s’est aussi allié à un démocrate pour forcer le ministère de la justice à publier les dossiers Epstein. “Donald Trump a enfin eu sa revanche” sur Thomas Massie, résume Politico. Pourtant, rappelle NPR, le républicain a souvent été d’accord avec Donald Trump sur d’autres sujets. Pas assez apparemment.
“Il y a un désir dans ce pays pour quelqu’un qui met ses principes avant son parti”, a affirmé Massie. Le résultat de la primaire ne lui donne pas raison. “La défaite de Massie envoie un autre avertissement aux républicains sur le risque de s’opposer à Trump et elle montre que les problèmes politiques du président n’ont pas diminué son aura auprès de sa base”, considère Axios. Samedi, Bill Cassidy, autre représentant critique du président, a lui aussi perdu sa primaire en Louisiane.
Un contre-coup aux midterms ?
Le Guardian liste Liz Cheney, Adam Kinzinger, Jeff Flake ou encore Mitt Romney comme d’autres exemples “de républicains forcés à renoncer ou chassés du pouvoir à cause de la capitulation du parti face à Trump”. Le quotidien britannique souligne que Donald Trump “a remué le couteau dans la plaie” quand il a commenté la défaite de Massie. “C’est une mauvaise personne. Il méritait de perdre”, a déclaré le président. Steven Cheung, son directeur de la communication, a été plus direct encore sur X : “Ne doutez jamais du président Trump et de son pouvoir politique. Cherchez les emmerdes et vous aurez ce que vous méritez”.
La primaire est “devenue un microcosme des conflits en cours au sein du parti républicain”, peut-on aussi lire sur le site Politico. Il note que la campagne a coûté plus de 30 millions de dollars, un record pour une primaire pour la Chambre des représentants. Beaucoup d’argent quand on sait que les républicains ont quasiment la garantie de garder ce siège aux élections de mi-mandat en novembre. Ce n’est pas le cas dans d’autres régions du pays et “les donneurs républicains s’inquiètent des chances du parti dans des circonscriptions sièges plus disputées”, relève Politico.
Une tribune du Washington Post évoque d’ailleurs “une victoire à la Pyrrhus”. Si Massie a “payé un prix pour son indépendance”, Trump pourrait se faire sanctionner aux élections de mi-mandat en alignant des candidats qui refusent de prendre leur distance avec lui quand son taux de popularité est bas. “Trump préfère être craint qu’aimé par les élus républicains mais cela coûtera à son parti”, prévient la tribune.
Câbles sous-marins : la guerre au Moyen-Orient risque de perturber le trafic mondial d’Internet
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !