“Trump sème le chaos au Congrès”, titre le New York Times. Alors que tout était prêt et que les élus républicains l’attendaient mercredi matin au Capitole pour une cérémonie célébrant l’adoption d’une loi majeure sur le logement, le président américain a finalement annulé la signature du texte de loi. Avant d’accepter, il exige de son camp un accord sur une autre législation imposant des restrictions sur le droit de vote.
“La signature devait projeter l’image d’un parti républicain uni et travaillant pour répondre aux inquiétudes des Américains sur le coût de la vie dans l’optique des élections de mi-mandat”, commente le Times. “Mais les élus des deux partis ont été choqués par la décision du président d’annuler la cérémonie”.
Un éditorial du Washington Post estime que “Trump a gâché une victoire facile sur le logement”. Il s’agissait d’un texte voté par une large majorité de républicains mais aussi de démocrates. “Trump a renversé la table 90 minutes avant la cérémonie, refusant d’accepter un bon accord pour une mauvaise raison”, pointe le quotidien de la capitale. D’autant plus maladroit que la loi sera de toute façon effective dans dix jours, même s’il ne la signe pas, rappelle le Post.
Ce “coup de com a tout d’une très mauvaise idée”, juge CNN, parlant de Trump comme d’un “pyromane législatif” habitué à ces revirements de dernière minute. Les Américains lui font de moins en moins confiance dans le domaine de l’économie, insiste la chaîne. Et la veille, sa porte-parole Karoline Leavitt assurait que le texte “était l’un des plus importantes législations sur le logement dans l’histoire américaine”.
Critique de cette législation, le Wall Street Journal se réjouit au contraire de la décision du dirigeant. Mais le quotidien reste toutefois convaincu que l’autre loi voulue par Trump sur le droit de vote n’a aucune chance de passer. Il lui manque trop de soutien.
Rencontre avec Mark Rutte
Un déjeuner, organisé par l’un de ses alliés, le sénateur de Floride Rick Scott, était programmé dans la foulée. Trump s’est bien présenté mais ce qui “aurait pu être un sommet de la paix” s’est transformé en une “réunion intense” avec les sénateurs, raconte Politico. “Le président est arrivé déterminé à faire comprendre qu’il en voulait aux élus républicains qui se sont opposés à lui”, poursuit le site. La tension était telle avant le repas que le sénateur de Louisiane John Kennedy a suggéré de n’utiliser que des “couverts en plastique”.
La réunion a viré “à une longue engueulade” entre le président et l’autre sénateur de Louisiane, Bill Cassidy, décrit Axios. Cassidy a perdu il y a quelques semaines une primaire contre un candidat soutenu par Trump et ne pourra donc pas se représenter. Il a reproché au locataire de la Maison Blanche de ne pas avoir tout dit aux Américains sur le conflit avec l’Iran. Un signe supplémentaire qu’une partie du GOP se désolidarise de son leader. “C’est à ce moment-là que ça a dérapé”, rapporte le site.
The Hill constate que le président avait “une journée chargée”. Après l’accrochage avec ses sénateurs, il a rencontré Mark Rutte, le secrétaire général de l’Otan, à la Maison Blanche. Pour le New York Post, Rutte a cherché à “réinterpréter l’histoire récente” en assurant “éhontément” que les alliés européens des États-Unis “n’avaient pas snobé Trump pendant la guerre contre l’Iran”. Le tabloïd conservateur et Trump lui-même n’étaient visiblement pas d’accord avec cette analyse. “L’Italie m’a déçu. Le Royaume-Uni m’a déçu. La France et l’Allemagne m’ont déçu. L’Espagne, c’est encore pire”, s’est plaint le chef d’État.
Sa journée s’est terminée sur le Mall, le grand parc au pied du Capitole. C’est là que se tient la grande foire célébrant les 250 ans des États-Unis pendant les deux prochaines semaines. Les artistes conviés pour lancer l’événement ont finalement refusé de participer, gênés par la dimension partisane du spectacle. Donald Trump a donc décidé de transformer le concert original en meeting.
“Son discours a fait écho à plusieurs de ses refrains les plus familiers”, observe USA Today. “Nous sommes désormais le pays le plus admiré du monde. Plus personne ne se moque de nous”, a-t-il clamé. “Nous sommes ceux qui portent la lumière de la civilisation occidentale parce que nous n’en sommes qu’au tout début de l’âge d’or de l’Amérique”, a-t-il ajouté.
Donald Trump a aussi promis que les prix de l’essence allaient chuter avec la fin du conflit en Iran - tout en mentionnant que “nous avons autre chose en magasin”, comme pour suggérer que le pays pourrait s’en prendre à d’autres régimes - et il a blâmé une nouvelle fois “des vandales” pour les problèmes du bassin réfléchissant de Washington, envahi par les algues.
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