Officiellement, la Chine et la Russie n’entretiennent qu’un partenariat « stratégique » comportant une collaboration militaire qui ne fait peser « aucune menace sur un pays tiers », ne cessent de répéter leurs dirigeants. En coulisses, se dessinent pourtant les contours d’un rapprochement de plus en plus étroit, comme le révèlent des documents confidentiels obtenus par un consortium de médias internationaux composé de l’allemand Der Spiegel, du journal russe en exil The Insider et du Monde.
Sous le dôme coloré du début du XIXe siècle de la Maison Sevastianov, à Iekaterinbourg, au sud de la Russie, ce 10 décembre 2024, les participants ont pour consignes de ne pas parler à la presse ni de divulguer des informations « de quelque nature que ce soit ». Pour que la réunion ne laisse aucune trace, les organisateurs ont même exigé que les brochures présentant l’événement ne quittent pas la salle.
Invités par Alexandre Vorontsov, 60 ans, à la tête de l’influente première direction du Service fédéral de coopération militaro-technique, l’organisme russe chargé des contrats d’armement internationaux, de hauts gradés de l’armée russe ont prévu d’échanger avec des dirigeants des forces armées chinoises et des patrons de grandes entreprises de défense des deux pays, au cours de ce « forum russo-chinois pour la coopération militaire et technique ». Quatre-vingts personnes, triées sur le volet, ont fait le déplacement.
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