Des excuses formelles, un fonds consacré aux réparations et une réforme des institutions de gouvernance mondiale. Ce sont quelques-unes des demandes formulées par les 80 pays, institutions et organisations de la société civile réunies à Accra, au Ghana, du 17 au 19 juin, pour une conférence sur « les prochaines étapes en vue d’une justice réparatrice » concernant l’esclavage.
L’événement fait suite à l’adoption, le 25 mars par l’Assemblée générale des Nations unies, d’une résolution reconnaissant la traite transatlantique et l’esclavage comme « plus grave crime contre l’humanité » et ouvrant la voie à des réparations. Proposée par le Ghana au nom de l’Union africaine, elle avait recueilli 123 voix pour, dont une majorité venue des pays du Sud. Les pays européens s’étaient abstenus, tandis que les Etats-Unis, Israël et l’Argentine avaient voté contre.
Revendications anciennes en Afrique, dans les Amériques, aux Caraïbes et dans les diasporas, les demandes de réparations ont, à la faveur de la résolution onusienne, pris un poids diplomatique inédit. Il s’agit à présent pour les pays africains et de la Caraïbe de formuler des demandes communes et concrètes : « Ceux qui pensaient qu’une résolution de l’ONU ne serait qu’un simple exercice académique revoient aujourd’hui leurs positions », a déclaré Samuel Okudzeto Ablakwa, ministre ghanéen des affaires étrangères, jeudi, à l’ouverture de la conférence.
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