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Longtemps simple point de transit du commerce intercontinental de la drogue, le Mozambique est désormais aussi un marché de consommateurs.
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Hospitalisations en hausse de 38 %, cartels mexicains produisant sur place, apparition du fentanyl : les autorités redoutent une crise de santé publique.
Par Precidonio Silverio, Maputo, Mozambique
Par une chaleur accablante, la silhouette émaciée d’Elton Raimundo Joaquim vagabonde dans les rues qui jouxtent le plus grand repaire de toxicomanes de Maputo, la capitale du Mozambique, à la recherche de métal à revendre au kilo.
« Avant, j’étais dans la musique. Quand j’entrais en studio, j’avais besoin d’inspiration », raconte le jeune homme de 27 ans pour expliquer les débuts de son addiction à la drogue, tandis qu’une mouche tournoie autour d’une plaie à vif sur son épaule.
Joaquim fait partie du nombre croissant de toxicomanes dans ce pays d’Afrique australe, dont les autorités affirment qu’il n’est plus seulement un important point de transit dans le commerce intercontinental, mais aussi un marché de consommateurs.
Les hospitalisations liées aux drogues ont augmenté de 38 % l’an dernier pour dépasser les 32 000, selon des chiffres gouvernementaux qui, selon les experts, ne reflètent qu’une fraction du problème.
Joaquim a fait une cure de désintoxication « mais je n’ai pas tenu ». Et il lui arrive désormais de voler pour financer l’achat de cannabis, de crack ou d’héroïne. « La drogue te pousse à toujours acheter plus. »
Diplômé de l’université, Paulo Ferrao a pour sa part commencé à se droguer au lycée. Il y a quatre ans, il s’est présenté à un centre de réhabilitation REMAR près de Maputo, « un cadeau d’anniversaire » pour sa sœur.
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