Le tout premier équipement de “mesure de soi” était, à bien des égards, voué à l’échec.

En 2009, quand le premier bracelet connecté Fitbit a été commercialisé, il invitait ses utilisateurs à se fixer un objectif de 10 000 pas par jour. Ce chiffre ne doit rien au hasard. S’il a probablement été le premier bracelet connecté grand public vendu aux États-Unis, Fitbit était tout sauf un précurseur.

En 1965, l’horlogerie japonaise Yamasa Tokei Keiki a lancé le tout premier podomètre grand public. L’appareil a été baptisé “Manpo-kei”, ce qui signifie littéralement “compteur de 10 000 pas” en japonais. Encore aujourd’hui, on ignore pourquoi l’entreprise a fixé ce seuil à 10 000 pas, même si cela peut être lié à la combinaison de deux facteurs. D’une part, le Manpo-kei est sorti un an après les Jeux olympiques de Tokyo de 1964, à un moment où les Japonais accordaient une attention particulière à leur condition physique. Une équipe de chercheurs de l’université de Kyushu, dirigée par Yoshiro Hatano, avait étudié les déplacements quotidiens d’hommes japonais actifs et observé qu’ils faisaient tous entre 9 500 et 12 000 pas par jour. D’autre part, le kanji associé au chiffre 10 000 en japonais ressemble, par un heureux hasard, à une personne qui court, ou au moins à quelqu’un en mouvement.