Les troupes des autorités rebelles de l’Etat régional éthiopien du Tigré, qui affrontent l’armée fédérale éthiopienne depuis le 23 septembre, quittent en masse, samedi 3 octobre, la capitale régionale, Makalé, de laquelle se rapprochent les forces fédérales, a rapporté un journaliste local à l’Agence France-Presse (AFP).
A ce stade, les forces fédérales éthiopiennes ne sont pas entrées dans Makalé, a-t-il précisé, mais « les dirigeants et les troupes du TPLF [Front populaire de libération du Tigré] quittent la ville ». Le TPLF, formation politique ayant dirigé l’Ethiopie durant près de trois décennies jusqu’en 2018, gouverne de fait l’Etat du Tigré. Il en a chassé en avril l’administration nommée par le gouvernement fédéral, défiant ouvertement l’autorité du premier ministre, Abiy Ahmed.
A Makalé, les membres du personnel de sécurité ont disparu des bâtiments officiels et des postes de police, et des membres des forces des autorités rebelles « sont vus quittant la ville, avec leurs armes, à bord de véhicules », a décrit le journaliste local dans un message à l’AFP.
Avance rapide des forces fédérales
Vendredi soir, une milice tigréenne alliée au gouvernement fédéral a affirmé avoir pris le contrôle de l’aéroport de Makalé, situé à une dizaine de kilomètres de la ville. Cette assertion n’a pu être vérifiée de façon indépendante. Les réseaux de télécommunications sont extrêmement perturbés au Tigré depuis la reprise des hostilités dans le Nord éthiopien.
Les forces fédérales éthiopiennes ont avancé rapidement en direction de Makalé, ces derniers jours. Lundi, elles sont entrées dans le sud du Tigré. Jeudi, elles se sont emparées de la localité de Maychew, à une centaine de kilomètres au sud de Makalé, selon la milice tigréenne alliée du gouvernement fédéral. Et à l’est du Tigré, elles ont récupéré tous les territoires initialement conquis par le TPLF dans l’Etat voisin de l’Afar.