Eurockéennes: Amy Winehouse en moins, Joy Crookes en plus
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Joy Crookes, le nouveau joyau de la couronne britannique est l’une des têtes d’affiche des Eurockéennes 2026. La Londonienne débarque au festival de Belfort avec un luxe devenu rare : une identité soul que personne d'autre ne peut revendiquer.
Les Eurockéennes, un des festivals les plus emblématiques d’Europe déroule le tapis rouge à la voix soul habitée et magnétique de Joy Crookes. La presse britannique s'entête à la comparer à Amy Winehouse. Elle, revendique plutôt le jazz des divas noires Billie Holiday et Nina Simone. Mais reconnaît en revanche partager avec la star mondiale morte à 27 ans en 2011, la même quête d’amour absolu.
Vingt-sept ans, c'est justement l’âge de Joy Crookes, aujourd'hui. En à peine neuf ans de carrière, avec seulement deux albums salués par la critique, Skin puis Juniper, la Londonienne s'impose comme la nouvelle égérie de la soul britannique.
Une enfance nourrie de contrastes
Joy Crookes est une chanteuse, autrice-compositrice, guitariste, pianiste et bassiste autodidacte. Son histoire commence par une belle rencontre. À Londres, sa mère bangladaise, livrait des sandwiches en entreprise. Un jour, elle croise un ingénieur irlandais. Il deviendra son époux. À la maison, son père écoute du punk. Sa maman préfère la musique bengalie.
Entre les deux styles contestataires, la jeune fille découvre le trip hop de Massive Attack sur MTV. Ce croisement d'influences irrigue le titre « 19th Floor », en référence au dix-neuvième étage de la tour où vivait sa grand-mère, arrivée du Bangladesh au Royaume-Uni dans les années 1970 et à qui elle rend hommage pour son intégration réussie.
Des textes intimes et engagés
L'amour familial, les racines, un ex-petit ami devenu homosexuel après leur rupture : ces souvenirs personnels irriguent son répertoire. Mais l'artiste évoque aussi sa peau métisse et dénonce le racisme ainsi que les politiques migratoires britanniques. Chez Joy Crookes, la soul a du cœur et des convictions comme en témoigne « Kingdom ».
On aurait vite fait de la ranger dans le sillage d'Amy Winehouse. Même grain de voix, mêmes fêlures, parfois les mêmes inflexions. Sauf que la Londonienne refuse le costume d'héritière. Elle avance seule, au rythme nerveux de sa ville. La preuve avec « Pass The Salt », où Vince Staples s'invite sur un sample de « Requiem pour un con », chef d’œuvre de Serge Gainsbourg. Un clin d'œil qui aurait pu n'être qu'un effet de style, mais qui devient ici une décharge d'électricité : Londres répond à Paris, le passé percute le présent, et tout reprend vie avec Joy Crookes.
Joy Crookes en concert aux Eurockéennes de Belfort le 3 juillet 2026.
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